L’homme d’affaires algérien Ayoub Aissiou, condamné par défaut à 20 ans de prison et visé par un mandat d’arrêt international, a été interpellé dimanche à l’aéroport de Barcelone à sa descente d’un vol en provenance du Maroc. Muni d’un passeport libérien, le fondateur du groupe multi-sectoriel est désormais aux mains de la justice espagnole à Madrid dans l’attente de son extradition vers l’Algérie
Les autorités espagnoles ont arrêté, dimanche, l’homme d’affaires algérien Ayoub Aissiou à l’aéroport de Barcelone, alors qu’il arrivait du Maroc. Aissiou, en fuite de la justice algérienne, se trouvait à bord du vol 960 en provenance de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca et à destination de l’aéroport de Barcelone en Espagne.
Il se trouve actuellement entre les mains des autorités judiciaires espagnoles à Madrid. Lors de son arrestation à l’aéroport de Barcelone, Aissiou était en possession d’un passeport « libérien » qu’il avait acheté il y a plusieurs années auprès de l’État du Liberia pour la somme de 100 000 euros, comme il l’avait lui-même avoué dans des déclarations précédentes, selon le quotidien El Hayat.
Rappelons que la justice algérienne a jugé et condamné l’homme d’affaires dans plusieurs affaires liées au blanchiment d’argent et à la dissimulation de revenus issus de crimes de corruption, dans le cadre d’activités d’un groupe criminel organisé.
Des peines judiciaires ont aussi été prononcées à son encontre, notamment une peine de 20 ans de prison, assortie de lourdes amendes, de compensations financières d’envergure, de saisies de biens considérables et de mandats d’arrêt internationaux.
Des jugements similaires ont, en outre, été rendus contre plusieurs de ses frères ainsi que contre plusieurs sociétés lui appartenant, spécialisées dans l’immobilier et le commerce. Le nom d’Ayoub Aissiou a également été associé à des affaires de vente d’appartements et de projets immobiliers fictifs, suscitant les plaintes d’un grand nombre de victimes.
La justice algérienne a, selon le quotidien arabophone, tranché en le condamnant à des peines de prison, des amendes et à l’indemnisation des victimes. Aissiou, qui a fui l’Algérie durant le mouvement populaire (Hirak), au cours de l’année 2019, résidait entre la France et le Maroc.
Depuis des années, « il finance plusieurs fugitifs de la justice algérienne basés en France pour mener des campagnes de désinformation et de dénigrement contre l’État, ses institutions et ses symboles », indique El Hayat.
Escroquerie immobilière et blanchiment d’argent
L’arrestation d’Ayoub Aissiou à l’aéroport de Barcelone marque le terme d’une cavale de plusieurs années. Il y’a leiu de préciser que l’essor du groupe multi-secteurs Assiou remonte à la période 2000-2019. Lui et ses proches bâtissent un puissant groupe comprenant 19 entreprises et 13 unités industrielles.
Leurs activités s’étendent de l’immobilier aux médias (avec notamment la chaîne El Djazaïria One), en passant par la distribution automobile (représentation de la marque Ford) et l’agroalimentaire. Dans le sillage des enquêtes anticorruption lancées après le mouvement populaire (Hirak), Aissiou quitte l’Algérie pour s’installer entre la France et le Maroc. Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’Hamed (Alger) ouvre plusieurs dossiers visant l’homme d’affaires, ses proches ainsi que ses sociétés.
Les chefs d’accusation portent sur l’escroquerie immobilière (projets fictifs et ventes sur plans non honorées), le blanchiment d’argent et la fuite de capitaux. Il est condamné par défaut à une peine principale de 20 ans de prison ferme, assortie de mandats d’arrêt internationaux. Des saisies massives visant ses actifs immobiliers, ses comptes bancaires et ses unités industrielles sont ordonnées, de même que des dédommagements pour les victimes des fraudes immobilières. L’affaire connaît plusieurs rebondissements judiciaires.
La Cour suprême casse partiellement des jugements visant certaines filiales du groupe pour vice de procédure, estimant que l’infraction d’origine nécessaire à la qualification du blanchiment d’argent n’avait pas été suffisamment établie par les premiers juges.
Récmment des poursuites judicaires ont été engagée par des journalistes de médias nationaux contre des « influenceurs » et des admins de pages facebook considérés proches de Aissiou. Son rôle trouble à l’étranger et ses accointances présumés avec le Makhzen ont fini par le confondre dans plusieurs affaires sensibles, selon de nombreux témoignages.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Aissiou est interpellé par la police espagnole à sa descente d’un vol Casablanca-Barcelone en possession d’un passeport libérien. Il est remis aux autorités judiciaires à Madrid dans l’attente de l’examen de son extradition vers l’Algérie.
Par : Akram Ouadah












