Ces derniers mois, l’inquiétude est grandissante parmi les quelque 6.000 sidérurgistes du complexe AL SOLB El Hadjar. Jadis fleuron industriel de l’Algérie, le complexe traverse une crise profonde et
multidimensionnelle. Selon certains sidérurgistes, la situation ne se résume pas à des problèmes techniques ou ponctuels, elle reflète un déclin structurel dont les conséquences se font ressentir à la fois sur le plan industriel, social et économique. Le complexe ne parvient plus à atteindre ses capacités historiques.
En 2025, la production réelle est extrêmement faible en raison des arrêts à répétition du haut fourneau. Ce déficit de production fragilise non seulement le site,
mais aussi l’ensemble de la chaîne industrielle nationale, qui dépend de l’acier produit localement. Derrière les chiffres de production, ce sont des milliers de familles qui subissent l’impact. La réduction de l’activité affecte directement les travailleurs et indirectement les
secteurs liés à la logistique, au transport et à la sous-traitance. Cette crise pèse également sur les finances publiques.
Pour compenser la production manquante, le pays est contraint d’importer de l’acier entraînant des pertes économiques importantes et un recul de la souveraineté industrielle. Selon certains observateurs, la situation actuelle révèle une absence de vision industrielle claire et une gestion incapable de sécuriser l’approvisionnement et d’assurer la continuité des activités. Les annonces de projets de modernisation et de relance, bien que prometteuses, restent pour l’instant des promesses non concrétisées.
Mais malgré la crise, des signaux positifs existent. Certaines unités seraient encore opérationnelles. Le complexe a obtenu des certificats de qualité et le changement de nom en ALSOLB SPA pourrait signaler un repositionnement institutionnel.
Ces éléments pourraient offrir une base pour une relance ; mais, cela exige des décisions courageuses, à savoir : des investissements conséquents, une sécurisation des matières premières, une modernisation des
installations et une gouvernance transparente. La position actuelle du complexe sidérurgique d’El Hadjar est préoccupante, mais elle n’est pas irréversible.
Sa survie et son redressement sont essentiels non seulement pour l’industrie algérienne, mais aussi pour l’économie nationale et la stabilité sociale. De l’aveu même d’un sidérurgiste parti en retraite depuis plusieurs années : «ne pas
agir maintenant serait perdre un symbole industriel et stratégique». Et d’ajouter : «Sauver le complexe d’El Hadjar, c’est sauver une partie de l’avenir industriel de l’Algérie».
Par : A.Ighil












