Portées par une dynamique inédite, les relations entre l’Algérie et les États-Unis dépassent désormais le cadre traditionnel du sécuritaire et des hydrocarbures. Entre essor du commerce, investissements dans l’agriculture de pointe et diplomatie culturelle, Alger et Washington scellent le tournant d’une coopération bilatérale en pleine mutation.
Les relations entre l’Algérie et les États-Unis connaissent une dynamique de diversification stratégique, marquée par le développement des échanges économiques hors hydrocarbures et le renforcement de la coopération dans des domaines émergents, selon des observateurs et des données diplomatiques, relayées hier par le quotidien El Khabar. Longtemps concentré sur les questions sécuritaires, la lutte contre le terrorisme et le secteur de l’énergie, le partenariat bilatéral s’élargit désormais aux secteurs de l’agriculture, des technologies, de la logistique et de l’enseignement.
Ainsi, plus de 120 entreprises américaines opèrent actuellement sur le marché algérien. Et, les opportunités d’investissement s’étendent au transport, aux télécommunications, à l’aéronautique, aux ressources en eau, aux énergies renouvelables et au secteur minier. Aussi, l’agriculture figure parmi les axes prioritaires de cette coopération, notamment après l’ouverture du marché algérien à l’importation de géniteurs bovins américains. Dans ce cadre, un projet portant sur la fourniture de 30 000 vaches laitières est prévu pour appuyer le projet intégré de production laitière « Baladna » dans la wilaya d’Adrar.
Paix et de sécurité régionales
Les échanges commerciaux incluent également l’importation de soja américain destiné à l’alimentation animale local. El Khabar rappelle que, sur le plan de la mécanisation et des technologies agricoles, les entreprises américaines proposent des équipements d’irrigation pivot, des solutions basées sur l’intelligence artificielle ainsi que des technologies de stockage et de chaîne du froid.
Cette orientation a été marquée par la visite effectuée en mai dernier par une délégation du Conseil renouveau économique algérien (CREA) aux États-Unis, où elle s’est entretenue avec des responsables économiques du Mississippi, État spécialisé dans les grandes cultures de céréales et de coton.
Sur le plan culturel et éducatif, l’ambassade des États-Unis développe des programmes d’accompagnement pour l’enseignement de la langue anglaise et la promotion d’espaces d’échanges culturels, souligne le quotidien arabophone. Pour l’universitaire et analyste El Aïd Zeghlami, cette évolution reflète l’orientation de la jeunesse algérienne vers l’apprentissage des langues étrangères et l’ouverture sur divers partenaires internationaux. Sur le plan politique, rappelons que le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ahmed Attaf, s’est entretenu récemment avec le conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos.
Discussions qui ont porté sur le renforcement du partenariat économique et les questions de paix et de sécurité régionales. S’exprimant sur un média international, le diplomate américain a salué la coopération de l’Algérie dans la région et écarté toute perspective de résolution rapide du conflit du Sahara occidental à court terme au détriment de la légalité intreationale et de la charte des nations unies. Précisions que les relations bilatérales entre l’Algérie et les États-Unis connaissent des mutations profondes, qui se traduisent par une transition et une expansion progressive vers des domaines non traditionnels qui ne faisaient pas partie de la dynamique relationnelle entre Alger et Washington.
Alors que certaines puissances misaient sur l’éloignement entre Alger et Washington en recourant à des cabinets de lobbying pour induire en erreur des membres du Sénat et les monter contre l’Algérie, la relation a pris une direction opposée : celle du renforcement, de la diversification et de l’approfondissement.
« Diplomatie douce »
A ce propos, Zeghlami a indiqué, lors d’un entretien avec le journal El Khabar, que l’ambassade américaine en Algérie s’efforce de renforcer les programmes d’enseignement de la langue anglaise et adopte ce qu’on appelle la « diplomatie douce » (soft power), en mobilisant l’éducation, la culture et l’enseignement dans le but d’attirer et de séduire différentes franges de la société algérienne, en particulier les jeunes et les intellectuels.
L’universitaire a expliqué que cette transformation reflète, en partie, l’ouverture de la jeunesse algérienne à l’apprentissage de nouvelles langues et à la découverte de cultures et d’espaces différents, soulignant que l’Algérie ne peut rester prisonnière de l’espace francophone, malgré l’importance du facteur géographique dans ses relations avec la France.
L’enseignant chercheur a ajouté que les jeunes Algériens aspirent à d’autres horizons en s’ouvrant sur les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, la Russie et d’autres puissances économiques et culturelles, estimant que cette ouverture élargit les perspectives des relations internationales de l’Algérie et permet aux nouvelles générations de découvrir les cultures et civilisations anglo-saxonnes et autres.
Par : Akram Ouadah












