Les déclarations de David Lisnard sur le massacre du 17 octobre 1961 à Paris ont provoqué une vive polémique en France. Le maire de Cannes, candidat à l’élection présidentielle de 2027 et président de l’Association des maires de France (AMF), s’est emporté lundi soir sur le plateau de la chaine d’information française LCI, après avoir été interrogé par une étudiante sur la répression meurtrière d’une manifestation d’Algériens en faveur de l’indépendance de leur pays.
« Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, je n’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie », a lancé le président du mouvement Nouvelle Énergie. Il a ensuite affirmé que ses amis d’origine algérienne avaient, selon lui, « bien compris qu’on était passé à autre chose ».
Une sortie vivement dénoncée par la gauche
Face à l’insistance de son interlocutrice, Lola-Fleur Whittaker, l’élu a fini par reconnaître que ces événements étaient « très graves » et « dramatiques », tout en soulignant qu’ils remontaient à 1961.
Ses propos ont suscité de vives réactions à gauche. Le député LFI Thomas Portes a dénoncé un « racisme décomplexé », tandis que le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a répliqué sur X : « Non David Lisnard, on ne « s’en fout » pas ! ». La députée écologiste Sabrina Sebaihi a rappelé que des Algériens avaient été tués lors de la répression, certains étant jetés dans la Seine, soulignant qu’on ne pouvait prétendre « diriger la France en méprisant une partie de son histoire et de ses morts ». Laurence Patrice, adjointe à la maire de Paris chargée de la mémoire et de l’histoire coloniale, a également condamné cette sortie.
D’anciens messages controversés refont surface
La polémique a ravivé les critiques visant d’anciens messages attribués à David Lisnard sur les réseaux sociaux. Le député LFI Paul Vannier a diffusé des captures d’écran de publications datant de 2010 et 2011, dans lesquelles l’élu employait notamment des formules visant l’islam et les populations roms.
Parmi les propos reproduits figure l’expression « je suis hallalphabète », ainsi qu’un message évoquant les « clients arabes » à propos d’une annonce gouvernementale concernant les Roms. Ces publications ont relancé les accusations de racisme formulées par plusieurs élus de gauche.
Le journaliste François Clémenceau a, de son côté, questionné la logique consistant à écarter un événement historique au motif qu’il est antérieur à la naissance de celui qui en parle, rappelant que la mémoire collective ne se limite pas aux événements vécus personnellement.
Le 17 octobre 1961, des milliers d’Algériens avaient manifesté pacifiquement à Paris contre un couvre-feu discriminatoire imposé dans le contexte de la guerre d’indépendance. La manifestation avait été violemment réprimée par la police, sous l’autorité du préfet Maurice Papon. Le bilan exact reste discuté par les historiens, qui évoquent plusieurs dizaines de morts, certaines estimations étant plus élevées. Des manifestants ont notamment été tués et des corps jetés dans la Seine.
Le 28 mars 2024, l’Assemblée nationale française a adopté une résolution reconnaissant et condamnant le massacre du 17 octobre 1961.
Par : S.A.B.












