À quelques semaines des locales du 28 novembre, le FFS tape du poing sur la table. Élimination des têtes de liste, rejets massifs de candidatures…
Dans un communiqué incisif signé Youcef Aouchiche, le parti dénonce une vague d’exclusions « arbitraires ».
Le Front des forces socialistes (FFS) a critiqué, hier, les résultats du traitement des dossiers de ses candidats par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) en vue des prochaines élections locales, prévues à la fin du mois de novembre prochain.
Dans un communiqué, la direction du parti a protesté contre ce qu’elle a qualifié d’« exclusions arbitraires et anticonstitutionnelles » ciblant ses candidats aux élections locales prévues le 28 novembre 2026, ainsi que le rejet des dossiers de candidature déposés dans la majorité des listes présentées par le parti.
Le parti a souligné que « les exclusions arbitraires ont touché en particulier les têtes de liste, les cadres du parti et les candidats jouissant d’un véritable ancrage populaire et disposant d’une capacité réelle de mobilisation et de rassemblement. »
Selon la même source, le FFS estime que la poursuite de ces pratiques alimente et généralise un climat de méfiance et de doute, poussant à se interroger sur les véritables motivations derrière ces décisions de rejet dénuées de justifications convaincantes, et qui témoignent d’une volonté manifeste d’influer sur les résultats du scrutin et de porter atteinte à la liberté de choix des partis et des citoyens.
Application excessive de l’article 184
D’après le communiqué, signé par le Premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, l’application « sélective, arbitraire, excessive et politiquement orientée des dispositions des articles 1 et 184 de la loi électorale transforme cette dernière en un outil de filtrage et d’exclusion autoritaire, au service d’une logique d’éviction politique », au lieu d’être un mécanisme d’organisation garantissant la liberté de choix des candidats et des électeurs.
Ces pratiques, poursuit le communiqué, sont de nature à aggraver la crise de confiance, à alimenter l’abstention électorale et à porter atteinte à la crédibilité du scrutin avant même son déroulement. Le parti a également évoqué l’existence d’une tendance visant à affaiblir les partis politiques, entraînant la neutralisation des corps intermédiaires et la réduction des espaces de médiation politique et sociale dans le pays, ce qui laisse le champ libre aux aventuriers, aux adeptes du populisme et aux extrémistes de tous bords.
Le Front des forces socialistes a affirmé que les élections, qu’elles soient locales ou nationales, ne sauraient être réduites à une approche sécuritaire, ni soumises à une logique administrative et bureaucratique partiale. En revanche, selon la formation politique, l’organisation des élections doit s’inscrire dans le cadre d’un processus politique garantissant le respect des principes de neutralité, de transparence et d’égalité des chances, tout en assurant le libre exercice de la volonté populaire.
Le ‘’ prétexte de la moralisation de la vie publique’’
Le Front a appelé à ne pas « prendre la moralisation de la vie publique comme prétexte pour justifier l’arbitraire politique », exigeant « le réexamen de toutes les décisions de rejet de candidature qui ne reposent pas sur des motifs valables et légaux, ainsi que la réhabilitation totale des candidats dont les droits civiques et politiques ont été violés, afin de leur permettre de les exercer pleinement ».
Le FFS a, en outre, invité les hautes autorités du pays à revoir cette approche, et a appelé les partis politiques à assumer leurs responsabilités et à œuvrer pour faire face à cette « dérive et empêcher sa poursuite » .
Par : Akram Ouadah











