Ces derniers jours, la toile s’est enflammée à Constantine. De nombreuses voix se sont élevées sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile pour tirer la sonnette d’alarme quant à l’état de dégradation critique du pont Mellah-Slimane. Habitants, visiteurs et acteurs civiques expriment une vive inquiétude face à la détérioration de la structure de cet ouvrage emblématique, emprunté quotidiennement par un flux considérable de piétons.
Inauguré en avril 1925 et conçu par le célèbre ingénieur français Ferdinand Arnodin, le pont Mellah-Slimane communément appelé « le pont de l’ascenseur » est un chef-d’œuvre d’ingénierie et un véritable symbole du Vieux Rocher.
Réplique miniature du pont de Sidi M’Sid, cette passerelle suspendue réservée exclusivement aux piétons culmine à 130 mètres d’altitude, reliant la rue Larbi Ben M’hidi à la rue de la Roumanie et la gare de Bab El Kantara. Offrant des panoramas spectaculaires sur les gorges du Rhumel, la Medersa et les bâtisses néo-mauresques environnantes, il s’impose comme une étape incontournable du circuit touristique de l’antique Cirta. Pourtant, malgré sa réouverture en mars 2023 après d’importants travaux de rénovation et d’entretien, le monument suscite aujourd’hui un sentiment de détresse bien loin de son faste patrimonial.
À travers de multiples séquences vidéo et photographies relayées massivement par les pages locales, les citoyens ont documenté l’état alarmant de l’édifice : corrosion avancée des éléments métalliques, érosion inquiétante du béton de scellement, câbles de sécurité détendus ou rompus, joints béants et accumulations de déchets aux abords. Sur le terrain, l’instabilité ressentie par les usagers fait craindre le pire.
Face à la gravité de la situation, la société civile adresse un appel d’urgence au wali de la wilaya de Constantine, M. Kamel Eddine Kerbouche, ainsi qu’aux autorités locales et services techniques spécialisés. Les requêtes exigent la dépêche immédiate d’une commission d’experts et d’ingénieurs qualifiés pour évaluer l’intégrité structurale de l’ouvrage, l’application de mesures conservatoires urgentes incluant la régulation de la circulation ou la fermeture temporaire du pont si un risque avéré est confirmé, ainsi que la mise en place d’itinéraires de substitution sécurisés pour garantir les déplacements des citoyens.
« La préservation de la vie humaine est une responsabilité collective qui ne saurait souffrir aucun retard », rappellent les citoyens mobilisés. À Constantine, où la culture de la prévention doit devancer le drame, tous attendent désormais une réaction prompte des autorités pour sécuriser et restaurer ce géant suspendu avant qu’il ne soit trop tard.
Par : Amina A.











