L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a commencé à notifier aux partis politiques les résultats de l’examen des dossiers de candidature aux élections locales du 28 novembre. Les décisions de rejet, qui concernent plusieurs formations, y compris les principaux partis, placent désormais leurs directions devant un nouveau défi : trouver des remplaçants dans les délais légaux. Entre difficultés à mobiliser de nouveaux candidats, refus de certains prétendants sollicités tardivement et risque d’annulation de listes, la préparation du scrutin entre dans une phase délicate.
Des rejets touchent plusieurs formations politiques
Selon plusieurs sources concordantes, la majorité des partis ayant déposé leurs dossiers avant la date limite du 8 octobre ont reçu une réponse de l’ANIE sur l’éligibilité de leurs candidats. Les vérifications ont donné lieu à des décisions défavorables concernant plusieurs formations, y compris celles disposant d’une présence importante au sein des assemblées élues.
Les listes du Front de libération nationale (FLN), du Rassemblement national démocratique (RND), du parti Voix du peuple (Sawt Echaab), du Mouvement El Bina et du Mouvement de la société pour la paix (MSP) figureraient parmi celles touchées, aux côtés de listes communes et d’autres formations. Ces décisions contraignent les responsables concernés à revoir la composition de certaines candidatures et à rechercher rapidement des solutions de remplacement.
Les personnes concernées ne sont pas uniquement de nouveaux candidats ou des profils sans expérience électorale. Parmi les dossiers rejetés figureraient également des maires en exercice, des élus d’assemblées populaires de wilaya et des cadres de partis, notamment des membres du comité central du FLN et des instances nationales d’autres formations.
Certains cas concernent aussi des élus dont les précédents mandats avaient été marqués par des blocages au sein des assemblées communales. Les motifs de rejet évoqués renvoient notamment aux dispositions relatives à l’éthique de la vie politique et à l’article 187 de la loi électorale, qui fixe les conditions de candidature aux élections locales.
Des réunions d’urgence pour sauver les listes
Au-delà des décisions de l’ANIE, le principal obstacle réside désormais dans la capacité des partis à remplacer les candidats concernés dans un délai relativement court. Selon plusieurs sources internes, plusieurs formations ont tenu des réunions d’urgence au cours des dernières 24 heures afin d’examiner la situation des listes fragilisées, d’identifier de nouveaux profils et d’étudier les propositions de remplacement préparées en amont.
L’objectif est d’éviter la perte de candidatures dans certaines communes ou wilayas, alors que les responsables politiques doivent agir rapidement pour respecter les délais réglementaires. Mais les démarches engagées se heurtent à des réticences inattendues.
Des candidats sollicités tardivement refusent de revenir
Les tentatives de contact avec des candidats potentiels n’ont pas toujours abouti. Plusieurs personnes sollicitées auraient refusé de rejoindre les listes en remplacement des candidats écartés, non par opposition à une participation électorale, mais en raison de leur mécontentement face à la manière dont les listes initiales ont été constituées.
Certains candidats qui n’avaient pas été retenus lors de la première sélection refusent ainsi de revenir après avoir été sollicités à la suite des décisions de l’ANIE. Ils considèrent que cette démarche tardive les place au second plan, après avoir été écartés des choix opérés par les responsables chargés de la confection des listes.
Cette situation fait craindre à plusieurs formations que certaines listes ne puissent être complétées à temps et soient finalement annulées. Un scénario qui rappellerait les difficultés rencontrées par des partis lors des dernières élections législatives, lorsqu’ils n’étaient pas parvenus à remplacer les candidats dont les dossiers avaient été rejetés.
Par : S.A.B.










