La question du taux de change du dinar est de nouveau sur le devant de la scène. Le président de Jil Jadid, Lakhdar Amokrane, a commenté le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur l’Algérie, et a considéré que la proposition d’une plus grande flexibilité du taux de change est une idée qui doit être explorée en profondeur, mais qu’elle ne peut être réduite à une simple question technique. Ceci, parce que la parité du dinar est liée à une préoccupation majeure : le pouvoir d’achat des Algériens.
Le principal constat dressé par le responsable politique est l’écart persistant entre le taux de change officiel du dinar et le taux de change pratiqué sur le marché parallèle. Une situation qui, à son avis, encourage la spéculation, entretient les circuits informels et rend les transactions des citoyens et des entreprises plus difficiles.
Cependant, pour Lakhdar Amokrane, cet écart est plus le symptôme d’un déséquilibre économique que le problème lui-même. Il est lié à la disponibilité des devises, au poids de l’économie informelle, à certaines restrictions sur les transactions et à la forte dépendance de l’économie nationale au secteur des hydrocarbures.
Le président de Jil Jadid tient à faire une distinction importante : renforcer la flexibilité du dinar ne se traduit pas nécessairement par une forte dépréciation de la monnaie nationale. Un soudain glissement de son cours, dans une économie encore largement tributaire des importations, peut rapidement se répercuter sur les prix.
Alimentation, médicaments, matériel, matières premières ou biens de consommation : une augmentation des coûts d’importation pourrait à terme peser sur les ménages. « Le risque est que les familles algériennes supportent directement le coût de la réforme », a-t-il estimé.
C’est pourquoi, selon lui, il est nécessaire de préparer toute évolution du régime de change. Amokrane recommande notamment de faciliter l’accès légal à la devise, de consolider le marché officiel des changes, de diminuer progressivement le recours au marché noir, et de rendre les mécanismes de fixation du taux de change plus transparents.
Quid des subventions
Le maintien du pouvoir d’achat, notamment de ses catégories les plus fragiles, devant par ailleurs accompagner toute réforme. Elle devra avoir un caractère progressif, être compréhensible par les citoyens et évaluée entre deux stades.
Pour Jil Jadid en revanche, la question du dinar est intimement liée à celle du modèle économique national. Une variation de taux de change ne peut à elle seule résoudre les déséquilibres de l’économie algérienne.
Il faut passer, selon Amokrane, par une plus large production nationale, une meilleure productivité, une stimulation de l’investissement et surtout une diversification de l’économie.
«On ne peut pas construire une économie productive simplement en dépréciant la monnaie », résume le président de Jil Jadid.
Le principe défendu par Jil Jadid est clair, d’après les propos de Lakhdar Amokrane : examiner les recommandations du FMI, mais en définissant une trajectoire adaptée aux réalités nationales, avec une réforme progressive et transparente. En d’autres manières, réformer le marché des changes sans que le citoyen ne paye, par une nouvelle hausse des prix, le prix des déséquilibres économiques.
Par : Elyas Abdelbaki












