Chaque infraction non signalée renforce le sentiment d’impunité des contrevenants et contribue à leur installation durable sur les plages.
Les plages attirent chaque été des milliers de familles en quête de fraîcheur et de détente. Pourtant, cette parenthèse estivale est souvent ternie par des pratiques illégales qui continuent de prospérer malgré les opérations de contrôle menées par les autorités. Occupation abusive du sable, location sauvage de parasols et de chaises, stationnement payant sans autorisation : autant de dérives qui privent les citoyens de leur droit à un accès libre et gratuit au littoral.
Dans de nombreuses stations balnéaires, des individus s’approprient les premiers rangs face à la mer en y installant leurs équipements, obligeant les vacanciers qui refusent de louer leurs services à s’éloigner. Certaines familles se retrouvent ainsi reléguées loin du rivage, parfois sans pouvoir garder un œil sur leurs enfants. Une situation qui contrevient pourtant à la réglementation encadrant l’occupation des plages.
Le phénomène ne s’arrête pas au sable. Aux abords des plages, des parkings sont également exploités de manière illégale. Des automobilistes se voient réclamer des sommes d’argent pour stationner leur véhicule, sans aucun fondement juridique. Dans certains cas, la crainte de retrouver leur voiture dégradée pousse les usagers à payer pour éviter tout incident.
Pour Kamel Youyou, président du bureau d’Alger de l’Organisation de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), les citoyens ont un rôle déterminant à jouer dans la lutte contre ces pratiques. Il estime que les services de contrôle ne peuvent être présents partout et que le signalement des infractions constitue un outil essentiel pour mettre fin à ces abus.
Il rappelle que la gratuité des plages est un droit garanti à tous. Exiger plusieurs milliers de dinars pour la location d’une table, de chaises et d’un parasol, ou faire payer l’accès à une portion de plage, représente une atteinte au principe d’égalité d’accès aux espaces publics. Ces tarifs pèsent particulièrement sur les ménages aux revenus modestes, pour lesquels une simple journée à la mer peut rapidement devenir un budget conséquent.
L’APOCE souligne également que le silence des victimes favorise la multiplication de ces comportements. Chaque infraction non signalée renforce le sentiment d’impunité des contrevenants et contribue à leur installation durable sur les plages.
Face à cette situation, de nombreux estivants reconnaissent qu’ils préfèrent souvent payer plutôt que de s’exposer à des altercations. D’autres choisissent de fréquenter des plages plus isolées afin d’échapper à ces pratiques, au risque de se retrouver sur des sites non surveillés, dépourvus de dispositifs de sécurité et de protection civile.
Pour les défenseurs des consommateurs, le respect de la loi passe autant par les contrôles des autorités que par l’implication des citoyens. Signaler les occupations illicites des plages ou les parkings clandestins permet non seulement de défendre ses propres droits, mais aussi de préserver le caractère public de ces espaces, afin que chacun puisse profiter de la saison estivale dans les mêmes conditions.
Par : Aly D










