L’ouverture par l’ambassade des États-Unis à Alger d’un sous-bureau de l’attaché juridique du FBI (LEGAT) marque un tournant mesuré mais stratégique dans la coopération sécuritaire entre Washington et Alger, selon une analyse publiée par le journaliste spécialisé Akram Kharief sur son compte professionnel.
Annoncée hier par la représentation diplomatique américaine comme « une nouvelle étape » de la coopération bilatérale, cette démarche s’inscrit dans un calendrier rigoureusement conditionné, souligne l’expert. Selon Akram Kharief, le choix des mots reflète la prudence de Washington : l’implantation d’un « sous-bureau » — et non d’un poste autonome de plein exercice — signifie qu’Alger reste formellement sous la juridiction du LEGAT régional basé à Tunis, lequel couvre également la Libye.
Cette antenne permet toutefois de concrétiser une présence américaine permanente sur le sol algérien, mettant fin à une gestion à distance opérée depuis la capitale tunisienne. Ce redéploiement intervient une quinzaine d’années après le retrait du bureau LEGAT de plein exercice installé dans la foulée des accords antiterroristes post-11 Septembre, suivi plus tard par la fermeture des bureaux de l’ICITAP (formation) et de l’OPDAT (coopération judiciaire).
Pour le journaliste, le facteur déclenchant repose sur la décision du Groupe d’action financière (GAFI), qui a officiellement retiré l’Algérie de sa « liste grise » le 22 juin 2026, vingt mois après son inscription. Selon lui, des sessions de formation conjointes organisées fin 2025 et début 2026 sur la traçabilité des cryptomonnaies et la lutte anti-blanchiment avaient préparé le terrain. Washington conditionne traditionnellement le redéploiement de ses experts en criminalité financière à la conformité bancaire et réglementaire du pays hôte.
Analysant le format retenu, Akram Kharief estime que ce sous-bureau pourrait servir de test avant une éventuelle montée en puissance du dispositif américain en Afrique du Nord, citant le précédent de Wellington (Nouvelle-Zélande), resté sous-bureau rattaché à Canberra pendant huit ans avant de devenir un poste indépendant. Cette antenne intègre de nouveau l’Algérie au réseau mondial du FBI — fort d’une centaine de représentations — dédié à la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et le crime organisé transfrontalier.
Par : Akram Ouadah











