Lorsque le soleil se couche sur Sidi Achour, le calme tarde souvent à s’installer : les motos prennent possession des rues. Le ballet des deux-roues se poursuit jusqu’au cœur de la nuit, dans un vacarme devenu le symbole des soirées estivales du quartier.
Pour les habitants, le scénario se répète inlassablement chaque année. Dès le début de la saison estivale, le nombre de motos augmente de manière spectaculaire. Les accélérations brutales, les allers-retours incessants et le bruit assourdissant de certains pots d’échappement rythment les nuits, au grand désarroi des riverains.
«On ne parle plus d’un simple bruit de circulation, mais d’une nuisance permanente», confient plusieurs habitants, qui décrivent des nuits écourtées et un quotidien marqué par une fatigue qui s’accumule au fil des semaines. Familles, personnes âgées et travailleurs disent subir un vacarme qui ne laisse que peu de place au repos.
À cette pollution sonore s’ajoute une inquiétude plus profonde : celle de la sécurité. Des motocyclistes sont régulièrement vus roulant à grande vitesse, slalomant entre les véhicules ou effectuant des manœuvres dangereuses dans des rues pourtant très fréquentées. Des comportements qui alimentent la peur d’un accident, alors que piétons et automobilistes partagent les mêmes axes de circulation.
Si la majorité des conducteurs utilisent leur moto de manière responsable, les excès d’une minorité suffisent à dégrader le quotidien de tout un quartier. Pour les riverains, l’été est devenu synonyme de vigilance permanente, chacun redoutant qu’une simple imprudence ne vire au drame.
Face à cette situation, les habitants estiment que le problème ne peut plus être considéré comme une simple gêne saisonnière. Ils plaident pour un renforcement des contrôles, une application plus rigoureuse des règles de circulation et davantage d’actions de sensibilisation, notamment auprès des jeunes conducteurs.
Car au-delà du bruit, c’est la tranquillité d’un quartier qui est en jeu. Chaque soir, lorsque les moteurs couvrent les conversations et retardent le sommeil, les habitants de Sidi Achour espèrent retrouver ce qui devrait être la norme : des rues où le respect des autres accompagne le plaisir de circuler.
Par : R.C











