Une chercheuse du Centre de Recherche en Environnement d’Annaba a développé un dispositif capable d’estimer certains paramètres sanguins sans prélèvement. Baptisé «HematoAI», ce prototype, encore en phase de développement, ambitionne de faciliter le dépistage de l’anémie et d’améliorer la prise en charge des patients, notamment dans les situations d’urgence.
Le Centre de Recherche en Environnement d’Annaba accompagne actuellement le développement de «HematoAI», un dispositif conçu par la chercheuse et fondatrice de start-up, Hadjer Mekahlia. L’appareil repose sur une mesure optique réalisée à partir d’un doigt posé sur un capteur, sans recours à une prise de sang. Selon sa conceptrice, il fournit un résultat immédiat et s’appuie sur des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) pour estimer des paramètres sanguins liés notamment aux globules rouges et aux globules blancs.
Le projet est né d’une expérience personnelle. Souffrant d’anémie, la chercheuse explique avoir voulu trouver une alternative aux prélèvements répétés imposés par le suivi médical. Cette réflexion a donné naissance à un sujet de mémoire de Master, puis à un prototype qu’elle a progressivement perfectionné après des travaux consacrés à la physiologie du sang et à l’étude des technologies existantes.
D’après sa conceptrice, ce dispositif pourrait trouver des applications auprès des patients atteints de cancer, qui doivent effectuer des analyses sanguines régulières, mais aussi chez les personnes présentant des difficultés d’accès veineux ou une phobie des aiguilles, notamment les enfants. Elle estime également que l’appareil pourrait contribuer à accélérer l’évaluation des patients dans les services d’urgence, tout en réduisant les risques d’infection liés aux prélèvements.
La chercheuse affirme avoir réalisé plusieurs séries d’essais avec des équipes médicales afin d’évaluer la fiabilité des mesures. Elle indique avoir rencontré des difficultés pour trouver des structures acceptant d’accompagner les premières expérimentations, avant d’obtenir le soutien de professionnels de santé ayant accepté de participer au développement du projet.
Diplômée en ingénierie biomédicale de l’université Larbi Tébessi de Tébessa, Hadjer Mekahlia poursuit aujourd’hui les travaux d’amélioration de son dispositif au Centre de Recherche en Environnement d’Annaba. Son objectif est, désormais, d’étendre cette technologie au contrôle non invasif de la glycémie, afin d’éviter les piqûres quotidiennes auxquelles sont soumis les diabétiques.
Le prototype a obtenu le label «Algeria Innovative Lab» (A-Lab), destiné à accompagner les projets innovants. Selon la chercheuse, plusieurs propositions de financement lui ont également été adressées en vue d’une future commercialisation, une fois les phases de développement et de validation achevées. Elle prépare, par ailleurs, un second projet portant sur un fil chirurgical, dont les caractéristiques restent confidentielles dans l’attente d’une protection par brevet, ainsi que d’autres innovations destinées au secteur de l’environnement.
Par : J.Seghir











