C’est un serpent de mer de la gestion urbaine locale qui pourrait, enfin, trouver son épilogue. Le wali de Constantine, Abdelkhalek Sayouda, a reçu en fin de semaine dernière le Dg de l’Office national de l’assainissement (ONA), accompagné d’une délégation de cadres de l’entreprise et de la directrice régionale de l’Est. Au cœur de cette séance de travail : le déblocage urgent de plusieurs projets d’infrastructures en souffrance, avec en première ligne le dossier névralgique des stations d’épuration des eaux usées (STEP).
Le chef de l’Exécutif de wilaya a, particulièrement, insisté sur le cas de la station d’Ali Mendjeli, stratégiquement implantée aux confins de la circonscription administrative et de la commune d’Aïn Smara. Interpellant directement le premier responsable de l’ONA, le wali a exigé la levée immédiate de tous les obstacles techniques et administratifs afin de mettre en service cette structure vitale dans les plus brefs délais.
Il faut dire que la situation confine à l’absurde. Achevée à plus de 98% et entièrement équipée, cette infrastructure, qui aurait dû fonctionner depuis des années, n’a pas traité le moindre mètre cube d’eau. Un projet mort-né, freiné par des réserves techniques majeures, notamment un glissement de terrain ayant fragilisé le mur de clôture du site. Pendant ce temps, les eaux usées de la mégapole d’Ali Mendjeli continuent de se déverser à ciel ouvert, juste derrière l’Unité voisine n°16, créant un point noir environnemental intenable. Un accord a, donc, été scellé pour parachever les travaux de confortement et neutraliser définitivement ce problème de glissement.
Pour l’État, l’enjeu financier et écologique est colossal. Plus d’un milliard de DA a été consenti pour ériger ce complexe conçu pour traiter 40.000 mètres cubes d’eau par jour, soit une capacité de calibrage dimensionnée pour 250.000 équivalents-habitants. Initialement, la date butoir de livraison a été fixée à 2024, après le passage de plusieurs commissions d’inspection du ministère de l’Hydraulique. Une échéance largement dépassée, laissant les installations à l’abandon, suspendues aux arbitrages de cette dernière réunion cruciale.
Ce retard met en lumière les failles persistantes dans la gestion du plan d’assainissement de la wilaya. Constantine théoriquement dotée de quatre (4) stations d’épuration destinées à éradiquer la pollution et à booster l’irrigation agricole, peine à concrétiser ses ambitions. À ce jour, seule la station «Kaïdi Abdallah» à Hamma Bouziane est opérationnelle, bien qu’elle tourne en sous-régime. Les stations d’Ali Mendjeli et de Zighoud Youcef demeurent en attente de livraison, tandis que le chantier de la structure de Sissaoui, à El Khroub, reste, lui aussi, embourbé dans des retards chroniques. L’impulsion donnée par l’Exécutif local suffira-t-elle à ranimer ces infrastructures fantômes? Les prochains mois le diront.
Par : Amina A.











