L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a annoncé, jeudi, le retour progressif à un volume annuel d’environ 250 000 visas délivrés aux ressortissants algériens, marquant une évolution de la politique consulaire française après la période de restrictions appliquées ces dernières années. Cette annonce intervient dans un contexte de reprise graduelle des relations entre Alger et Paris, les deux pays affichant leur volonté de relancer le dialogue et de renforcer la coopération sur plusieurs dossiers d’intérêt commun.
Selon les déclarations du diplomate français, le dispositif consulaire devrait retrouver un niveau comparable à celui observé avant la réduction du nombre de visas décidée par les autorités françaises en 2021. Cette décision a toutefois suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique française, notamment dans les rangs de la droite et de l’extrême droite. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a critiqué cette orientation, estimant qu’elle constituait un « recul de la politique migratoire » française.
De son côté, le président de l’Union des droites pour la République (UDR), Éric Ciotti, a également dénoncé cette évolution. Le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, a, pour sa part, plaidé pour que la politique de délivrance des visas demeure liée à la coopération des pays d’origine en matière de réadmission de leurs ressortissants faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). D’autres responsables politiques, dont l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, ont également exprimé des réserves, appelant à inscrire cette question dans un cadre plus large des relations franco-algériennes.
L’annonce du rétablissement du rythme habituel de délivrance des visas intervient alors que les relations entre l’Algérie et la France connaissent une phase de normalisation, après plusieurs mois de tensions diplomatiques. Des observateurs estiment que la reprise de l’activité consulaire pourrait contribuer à faciliter les échanges humains entre les deux pays, tout en constituant un indicateur de l’évolution du dialogue bilatéral.
Par : Akram Ouadah









