Le Festival international du court métrage de Timimoun rend hommage à la cinéaste Yamina Chouikh en donnant son nom à un nouveau Prix consacré aux films réalisés avec un téléphone portable. Destinée aux jeunes de moins de 35 ans de la wilaya de Timimoun, cette compétition célèbre la mémoire d’une figure majeure du cinéma algérien dont l’œuvre et le parcours continuent d’inspirer les nouvelles générations de cinéastes.
Donner le nom de Yamina Chouikh à un concours de films sur téléphone portable n’est pas un choix anodin. Cette initiative rappelle le parcours d’une artiste qui a toujours placé l’humain au cœur de son cinéma, privilégiant la force des histoires à la démesure des moyens techniques. Elle souligne également l’importance de transmettre cet héritage à de jeunes créateurs appelés à inventer les images de demain.
Disparue en 2022, Yamina Bachir-Chouikh occupe une place singulière dans l’histoire du cinéma algérien. Monteuse, scénariste puis réalisatrice, elle a consacré près d’un demi-siècle au septième art. Son travail débute dans les salles de montage, où elle participe à de nombreuses productions marquantes du cinéma national, développant un sens aigu de la narration et du rythme qui marquera ensuite sa propre écriture cinématographique.
En 2002, elle réalise « Rachida », un film devenu incontournable. À travers le destin d’une jeune institutrice confrontée au terrorisme durant la décennie noire, la cinéaste choisit d’explorer les conséquences humaines de la violence plutôt que de la montrer frontalement. Présenté dans la section « Un Certain Regard » du Festival de Cannes, le long métrage offre une visibilité internationale au cinéma algérien et demeure, plus de vingt ans après sa sortie, une référence.
Bien qu’elle n’ait réalisé qu’un seul long métrage de fiction, son influence dépasse largement sa filmographie. Son travail de monteuse a marqué plusieurs décennies de production cinématographique algérienne et Rachida demeure une œuvre incontournable dans l’histoire du cinéma maghrébin. En 2022, quelques mois avant son décès, elle reçoit un hommage pour l’ensemble de sa carrière lors du Festival de la littérature et du cinéma de la femme de Saïda
Au-delà de cette œuvre emblématique, Yamina Chouikh a contribué à faire évoluer la place des femmes dans le cinéma algérien. Son regard, empreint de sobriété et d’humanisme, a accompagné plusieurs générations de cinéastes, tant à travers son travail de monteuse que par son engagement artistique.
En choisissant aujourd’hui d’associer son nom à une compétition, le Festival de Timimoun ne célèbre pas seulement une grande réalisatrice. Il rappelle qu’au cinéma, l’essentiel réside avant tout dans le regard porté sur le monde et dans la capacité à raconter des histoires qui touchent le public.
Par : Aly .D











