Les conditions de santé des marins pêcheurs font l’objet d’une étude nationale menée par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc), afin de mieux cerner les répercussions physiques, psychologiques et sociales de ce métier particulièrement exigeant. Une nouvelle étape de cette enquête de terrain a été menée à Oran, en collaboration avec la Chambre de la pêche et de l’aquaculture.
Cette nouvelle mission s’inscrit dans une campagne nationale destinée à recueillir des données de terrain sur les réalités quotidiennes vécues par les travailleurs de la mer.
Les investigations ne se limitent pas à l’observation des conditions de travail. Les chercheurs se sont notamment intéressés aux professionnels chargés d’évaluer les compétences et les parcours des marins, un choix qui doit permettre de mieux cerner les trajectoires professionnelles, les difficultés rencontrées tout au long de la carrière ainsi que les facteurs susceptibles d’influer sur leur équilibre psychologique et social.
Le projet est articulé autour de trois grandes étapes. La première consiste à établir un diagnostic complet de la situation. Les équipes de recherche recueillent des informations sur l’organisation du travail, les conditions d’exercice de la pêche, les parcours professionnels ainsi que l’environnement dans lequel évoluent les marins. Cette phase intègre également une analyse des aspects médicaux, psychologiques et sociaux afin de mesurer l’impact global de l’activité sur la santé.
La deuxième étape est consacrée à l’identification des principaux risques professionnels. Les chercheurs cherchent à recenser les maladies liées au métier, les facteurs de pénibilité ainsi que les risques psychosociaux auxquels les pêcheurs peuvent être exposés. L’objectif est de constituer une base de connaissances suffisamment solide pour orienter, à terme, des actions de prévention adaptées aux spécificités du secteur.
Le programme prévoit enfin une troisième phase tournée vers l’action. Les résultats des enquêtes de terrain serviront à élaborer une série de recommandations destinées aux pouvoirs publics et aux organismes concernés. Ces propositions pourraient contribuer à renforcer la protection sanitaire des marins, améliorer leur prise en charge et encourager la mise en place de mesures favorisant de meilleures conditions de travail et de vie.
À travers cette recherche, le Crasc souhaite combler un manque de données sur une profession essentielle à l’économie halieutique mais encore peu étudiée sous l’angle de la santé au travail. Les responsables du projet estiment que les enseignements tirés de cette enquête pourraient alimenter de futures politiques publiques conciliant développement du secteur de la pêche, prévention des risques professionnels et reconnaissance des contraintes auxquelles sont confrontés quotidiennement les marins pêcheurs.
Par : A.D








