Au fil de ses interprétations, Lydia Larini a façonné un parcours où chaque rôle semble prolonger une même quête : celle de comprendre l’humain dans toute sa complexité. De la tragédie à la comédie, l’actrice algérienne s’inscrit dans une diversité de registres qu’elle aborde avec une sensibilité constante, donnant vie à des personnages ancrés dans des réalités sociales différentes et souvent exigeantes. Une approche qui, selon elle, nourrit autant son jeu que son regard sur le monde.
Deux rôles marquants
Parmi les rôles qui ont profondément marqué son parcours, deux figures se distinguent particulièrement. Le premier est celui de Hadjar dans le long-métrage «La vie d’après» (2021), un film à dimension sociale. Elle y incarne une femme confrontée à la violence et à l’exclusion après l’assassinat de son mari par un groupe terroriste. Isolée dans un village, victime de rumeurs, Hadjar se voit contrainte de fuir avec son fils Jamil. Le film retrace alors un parcours de survie, entre précarité, peur et détermination. Lydia Larini confie avoir vécu ce rôle avec une intensité particulière, au point de le ressentir comme une part d’elle-même.
Hadda, mémoire et transmission
Le second rôle marquant est celui de Hadda, dans le film éponyme sorti en 2026. Elle y interprète une guérisseuse et formatrice engagée durant la guerre de libération nationale et à l’histoire du pays. À travers ce personnage, elle incarne une figure féminine forte, symbole de ces femmes qui ont combattu dans l’ombre, avec patience et résilience. Le film met également en lumière la relation entre Hadda et sa fille Yamina, fondée sur une transmission implicite faite de gestes, de regards et de silences. Le chapelet que Hadda transmet à sa fille, vers la fin de l’œuvre, apparaît comme un symbole fort de continuité et de mémoire.
Regard contemporain sur le cinéma algérien
Au-delà de l’interprétation, Hadda propose une vision contemporaine du cinéma algérien, portée par une attention particulière aux détails, notamment dans les costumes et la reconstitution des décors, fidèles au contexte historique de la guerre.
Mémoire féminine collective
Pour Lydia Larini, toutes les actrices du film incarnent, à leur manière, des figures de Hadda : celles qui ont transmis et celles qui poursuivent le chemin. Une lecture collective qui dépasse le personnage pour toucher à une mémoire féminine partagée.
«Tahia El Djazaïr», une résonance symbolique
Enfin, l’expression «Tahia El Djazaïr» résonne dans le film comme une affirmation forte, chargée de sens. Elle vient rappeler l’engagement et la détermination d’une génération de femmes ayant contribué, souvent dans l’ombre, à l’histoire du pays.
Par : Sana A.K











