Les estimations indiquent que près de 10 à 12 % de la population française entretient aujourd’hui un lien avec l’Algérie, à travers les origines familiales ou les relations sociales et culturelles.
À l’occasion du premier tour des élections municipales en France, plusieurs candidats d’origine algérienne participent à la compétition électorale sur différentes listes politiques.
Présents notamment dans les grandes villes et leurs banlieues, ces Franco-Algériens mettent en avant leur engagement local et leur volonté de renforcer les liens humains entre les deux rives de la Méditerranée, malgré un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris, rapporte le quotidien Echorouk dans son édition d’hier.
Le premier tour des élections municipales en France a, précisons-le, débuté hier, avec près de 900 000 candidats répartis sur environ 50 000 listes à travers le pays. Parmi eux, figurent plusieurs Français d’origine algérienne, engagés sur des listes de gauche, écologistes ou indépendantes.
Leur présence est particulièrement visible dans les régions où vivent d’importantes communautés issues de l’immigration algérienne, notamment Paris et sa banlieue, Marseille, Lyon, ainsi que plusieurs villes du nord et de l’est de la France.
Les motivations de ces candidats sont diverses, mais tous mettent en avant leur volonté d’agir à l’échelle locale et de participer activement à la gestion de leurs communes. Dans ce cadre, Echorouk a recueilli les témoignages de plusieurs candidats franco-algériens engagés dans ces élections, dont Selima Saadi, candidate sur la liste « Ensemble Metz », Toufik Khiar, tête de liste écologiste au Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne, et Hamdani Amarouche, candidat sur la liste « Donnons un nouvel élan à Combs-la-Ville » en Île-de-France.
Ces candidatures interviennent dans un contexte particulier, marqué par les tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France. Si certains candidats estiment pouvoir contribuer à apaiser les relations entre les deux pays en favorisant le dialogue et les échanges humains, d’autres considèrent que la politique étrangère relève exclusivement des États.
Compréhension mutuelle
Selima Saadi souligne ainsi que les relations franco-algériennes relèvent avant tout des gouvernements. Toutefois, selon elle, les élus locaux peuvent jouer un rôle indirect en favorisant les échanges culturels, associatifs et économiques au niveau des territoires. « Nos villes sont aujourd’hui des espaces où se croisent les histoires et les expériences.
À travers la culture, les associations et les projets locaux, il est possible de construire des passerelles concrètes entre les sociétés », explique-t-elle. Pour Toufik Khiar, les liens humains entre la France et l’Algérie restent un élément central de la relation entre les deux pays. Il rappelle que des millions de Français entretiennent des liens directs ou indirects avec l’Algérie, à travers l’histoire familiale, la culture ou les échanges économiques.
Président de l’Association d’amitié franco-algérienne, il souligne que les initiatives citoyennes et les rencontres entre acteurs de la société civile peuvent contribuer à renforcer la compréhension mutuelle entre les deux peuples.
De son côté, Hamdani Amarouche estime que les relations franco-algériennes traversent une période de fortes turbulences depuis plusieurs années, marquée par des tensions diplomatiques, des désaccords politiques et des controverses autour des questions migratoires.
Cependant, il se veut optimiste et rappelle que plusieurs initiatives visent à maintenir le dialogue entre les deux pays, notamment depuis la Déclaration d’Alger signée en 2022 par les présidents algérien et français, qui prévoit un renforcement de la coopération dans plusieurs domaines. Selon lui, les élus locaux d’origine franco-algérienne peuvent jouer un rôle important en favorisant les échanges culturels, éducatifs et citoyens.
Pour ces candidats, l’histoire commune entre la France et l’Algérie constitue à la fois un héritage complexe et une opportunité de rapprochement. Les estimations indiquent que près de 10 à 12 % de la population française entretient aujourd’hui un lien avec l’Algérie, à travers les origines familiales ou les relations sociales et culturelles.
Dans ce contexte, plusieurs candidats franco-algériens affirment vouloir contribuer, à leur échelle, à renforcer les passerelles entre les deux sociétés et à promouvoir une relation fondée sur la coopération et la compréhension mutuelle.
Par : Akram Ouadah












