Ces deux affaires, très suivies, s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la corruption et la gouvernance financière en Algérie.
Le pôle pénal économique et financier près le tribunal d’Alger a décidé, hier, de reporter au 23 février les procès de l’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, et de l’ex-wali d’Alger et ancien consul général d’Algérie à Paris, Mohamed Kébir Addou.
Selon le quotidien El Watan, le premier renvoi est motivé par l’absence d’un des prévenus, tandis que le second intervient à la demande de la défense; certains avocats ayant sollicité un délai supplémentaire pour préparer leurs plaidoiries.
La première affaire concerne les conditions de réalisation du stade de Douéra, à Alger, précise le quotidien francophone. Ce projet de 40 000 places a connu près de quinze années de retard, accompagnées d’une forte augmentation des coûts, de changements d’assiette foncière, de nouvelles études techniques et du remplacement de l’entreprise chargée des travaux.
Selon les éléments versés au dossier, rapporte le quotidien francophone, l’achèvement des 15 % restants des travaux aurait représenté, en 2021, près de 80 % des montants déjà engagés auparavant. L’expertise administrative évoque plusieurs facteurs explicatifs : changement du terrain initial, adaptation aux normes internationales de la FIFA, nouvelles études et remplacement de l’entreprise de réalisation.
L’ancien wali est poursuivi pour « abus de fonction » et « octroi d’indus avantages », aux côtés de plusieurs cadres administratifs et de responsables liés au projet. Les chefs d’accusation incluent également la « dilapidation de deniers publics » et la complicité.
Le second dossier concerne Ali Aoun, poursuivi avec son fils Mehdi Aoun — actuellement en détention —, deux anciens dirigeants du complexe sidérurgique d’El Hadjar et plusieurs hommes d’affaires. Au total, treize personnes, dont sept placées sous mandat de dépôt, ainsi que six sociétés, sont mises en cause. Les poursuites couvrent un large éventail d’infractions présumées : « trafic d’influence », « blanchiment d’argent », « dilapidation de deniers publics », « octroi d’indus avantages » et « corruption ».
Déjà reportée une première fois, l’audience a été renvoyée une seconde fois en raison de l’absence du fils de l’ancien ministre. Ces deux affaires, très suivies, s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la corruption et la gouvernance financière en Algérie. Le 23 février s’annonce ainsi comme une date clé pour ces deux affaires à forte portée politico-judiciaire.
Par : Akram Ouadah










