Ces vendeurs occasionnels façonnent l’ambiance unique qui fait la richesse de cette période, offrant couleurs, odeurs et saveurs qui font la saveur même du Ramadhan.
Partout en Algérie, le mois sacré transforme l’espace, des grandes villes aux petites communes, en véritables scènes animées. Les marchés, les trottoirs, les ruelles et même les bords de route s’animent dès le matin. Jeunes et moins jeunes investissent les lieux publics pour proposer une multitude de produits et services spécifiques à ce mois si particulier. Pour beaucoup de familles, cette activité temporaire constitue un soutien économique précieux. Jeunes, artisans ou ménagères à faibles revenus, tous trouvent dans ce commerce un moyen de compléter leurs ressources tout en participant à une tradition populaire profondément ancrée.
Des métiers qui fleurissent partout
Dès le matin, les marchés et trottoirs s’animent. Les odeurs de pains chauds, de zlabia, de gâteaux au miel et de fritures se mêlent aux parfums des herbes aromatiques fraîchement coupées. Les couleurs éclatantes des fruits, légumes et dattes attirent le regard des passants. Sans eux, on ne pourrait pas vivre l’ambiance qui donne un cachet très particulier au Ramadhan. Ces vendeurs rivalisent d’idées, et leurs étals attirent toujours une multitude de consommateurs en quête de produits frais, colorés, parfumés et à prix modéré. Cette activité a aussi la saveur d’une tradition qui ajoute du piquant au mois sacré, transformant chaque marché et chaque rue en un lieu vivant, sensoriel et coloré.
Les petits commerces temporaires prennent de multiples formes. Sur les trottoirs, dans les marchés communaux ou le long des routes, chacun trouve sa place. L’offre attire tous les sens : pains traditionnels, pizza, petits fours salés, fritures de zlabia, gâteaux au miel ou de brick. En fin de journée, jus de fruits frais et citronnades complètent la palette de délices qui seront dégustés au coucher du soleil. Les herbes aromatiques achèvent de composer un spectacle à la fois visuel et olfactif.
Avant l’iftar, l’activité atteint son apogée. Les habitants s’arrêtent pour admirer les étals et… céder à leurs envies, guidés par la faim et la soif. Difficile de ne pas repartir les bras chargés de sacs. Ces moments font des marchés un véritable théâtre où se mêlent commerce, tradition et convivialité. On trouve également la vente de nattes de prière, chapelets et encens.
Le soir, d’autres types de vendeurs prennent le relais : thé, cacahuètes et fruits secs circulent le long des artères, tandis que les brochettes et bricks attirent les regards et stimulent l’appétit avec leurs odeurs alléchantes. À l’heure du s’hour, certains affichent complet, preuve de l’intensité de cette activité.
Les acteurs de cette effervescence ne se limitent à aucune catégorie. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, étudiants ou travailleurs temporaires, tous participent à la dynamique du mois sacré. Sans eux, les marchés et les rues perdraient une grande partie de leur vitalité. Ils sont ceux qui rendent visible et tangible l’esprit de Ramadhan : un mélange de partage, de tradition et de plaisir des sens. Chaque vendeur, par son activité, participe à cette mosaïque qui fait du mois sacré un moment singulier dans l’année.
Des produits « made in maison »
Dans les maisons, les femmes s’affairent également à répondre à la demande croissante de produits 100 % maison. Elles préparent pains, pizzas, petits fours salés, jus de fruits et citronnades, ainsi que des pâtisseries traditionnelles comme le matlouê, les batbout ou les gâteaux au miel. Ces préparations sont souvent vendues sur commande ou via les réseaux sociaux, où les vidéos virales permettent de toucher une clientèle plus large. Leur rôle est important, mais il constitue une partie du réseau global où tous les vendeurs, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, créent ensemble l’ambiance si particulière du mois sacré.
Une dynamique qui transforme les rues
L’impact de ces petits métiers se ressent partout. Bien que la pratique reste illégale sans autorisation, elle devient sociale et transforme l’espace urbain. Les jeunes trouvent dans ces occupations temporaires une expérience valorisante, développant des compétences commerciales, de la débrouillardise et de l’organisation. Les familles bénéficient d’un complément de revenus essentiel, et les habitants profitent d’une atmosphère vivante et colorée qui annonce et rythme le mois sacré.
Ces activités saisonnières perpétuent des pratiques anciennes et transmettent un savoir-faire artisanal aux générations futures. La préparation maison constitue un patrimoine culturel que tous, vendeurs et consommateurs, contribuent à préserver. Les étals animés, les couleurs, les odeurs et les sons forment un décor vivant qui transforme la ville et les marchés en un espace sensoriel unique. Chaque vendeur, quel que soit son âge ou son genre, contribue à rendre le Ramadhan vivant, coloré et parfumé. Sans eux, l’ambiance particulière de cette période serait impossible à recréer.
Un marché animé et un commerce informel incontournable
Cette principale artère, la plus dense et la plus agitée, grouillante d’activité, est depuis des décennies la place la plus populaire de toute la région. À Annaba, le marché d’El Hattab illustre parfaitement cette effervescence : les étals débordent de produits, les marchands rivalisent de créativité pour capter l’attention, et les cris vantant la fraîcheur et la qualité des articles font partie intégrante du décor. Les prix très abordables appliqués sont à la portée de toutes les bourses. Du côté de la colonne, ce sont les alentours du cinéma Olympia et d’El Ghazala qui sont envahis par les charrettes à bras chargées de fruits et légumes. Heureux est celui qui réussit à acquérir, pendant le Ramadhan, un minuscule mètre carré sur les trottoirs. Une telle surface, aussi réduite soit-elle, s’avère suffisante pour l’exercice d’un commerce fort lucratif. Une palette d’activités s’offre aux maîtres des lieux, en dépit du caractère informel de la profession. Cependant, c’est le secteur agro-alimentaire qui détient la palme.
Une expérience sensorielle et collective
Au final, le mois sacré est bien plus qu’une période de jeûne : il est une expérience sensorielle et sociale. Tous les vendeurs, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, sont des acteurs essentiels de cette effervescence. Ils donnent vie aux rues, créent une atmosphère unique et contribuent à la richesse culturelle et économique du Ramadhan. Leur présence est indispensable : sans eux, cette période perdrait une grande partie de son cachet et de sa saveur, celle qui attire, émerveille et rassemble chaque année des millions d’habitants à travers tout le pays.
Par : Aly D











