Hier, les retraités de la Formation professionnelle ont organisé un énième sit-in devant le siège de la wilaya d’Annaba afin d’interpeller les autorités locales sur leur expulsion imminente des logements occupés depuis plus de 40 ans, situés en dehors des enceintes des établissements, notamment à proximité du CFPA Belaïd Belkacem, du CFPA Oued Koba, du Centre de formation Didouche Mourad et de l’INSFP du même nom. Cette action, tenue le 9 février , intervient alors que les procédures judiciaires engagées à leur encontre se sont poursuivies et qu’un ordre d’évacuation a été notifié à plusieurs familles.
Des dizaines d’enseignants et d’administratifs retraités affirment être concernés par cette décision. Ces anciens cadres du secteur soutiennent avoir consacré près de 35 années de leur vie professionnelle à la formation de générations entières de stagiaires, tout en résidant légalement dans ces logements de fonction situés, pour la plupart, en dehors des enceintes pédagogiques. Aujourd’hui, ils disent ne disposer d’aucune alternative de relogement, certains étant veufs, âgés ou responsables de familles sans ressources suffisantes.
Au cœur du litige figure l’instruction ministérielle n°706/2025 du 26 février dernier. Les protestataires affirment que ce texte vise exclusivement les directeurs et inspecteurs occupant des logements de fonction dits « obligatoires », lesquels signent un engagement d’évacuation à la fin de leur mission.
Par ailleurs, cette crise intervient alors qu’un projet de texte réglementaire est en préparation au niveau du ministère de l’Intérieur afin de définir les conditions et modalités de cession des logements relevant des wilayas et des communes au profit de leurs occupants effectifs, conformément à l’article 50 de la loi de Finances 2016. Toutefois, il convient de préciser que les logements de la Formation professionnelle relèvent des Domaines de l’État.
En attendant une éventuelle clarification, les retraités appellent les autorités locales et le ministère de tutelle à intervenir en urgence pour geler les expulsions et ouvrir un dialogue sérieux. Pour ces anciens agents, il ne s’agit pas seulement d’un différend administratif, mais d’une question de stabilité sociale et de dignité après des décennies de service au sein d’un secteur qu’ils estiment avoir servi avec loyauté et qui tarde à se concrétiser.
Par : I.S









