Les travailleurs du complexe sidérurgique d’El Hadjar se préparent, ces jours-ci, à élire un nouveau syndicat d’entreprise, dans un contexte de crise sociale majeure, en remplacement de l’ancien bureau, dont
le mandat a expiré.
Il n’est un secret pour personne que la situation actuelle du complexe d’El Hadjar inquiète grandement les quelques 6.000 travailleurs, en raison de l’arrêt total de la production depuis plus de 6 mois et de l’absence de toute augmentation salariale depuis plus de 8 ans ; une durée jugée exceptionnelle et sans précédent, selon l’avis de la majorité des sidérurgistes rencontrés. Alors que certains d’entre eux pensent indécent de parler de revalorisation des salaires, lorsque l’usine «clôture» avec une insignifiante production de 200.000 tonnes.
Quant aux partisans d’une revalorisation salariale, ils lancent un appel urgent au président de la République et aux hautes autorités du pays, afin d’intervenir, de les rétablir dans leurs droits et de leur accorder des augmentations. Au vu de la cherté de la vie, le pouvoir d’achat du travailleur s’est complètement effrité, rendant leur quotidien extrêmement difficile en raison de l’inflation galopante.
Les prix ne cessent d’augmenter, tandis que les salaires stagnent depuis 2018, date de la dernière augmentation accordée à ces travailleurs. Une situation qu’ils qualifient d’injuste et discriminatoire, tant sur les réseaux sociaux que devant leur ancien bureau syndical dont le mandat a expiré. Les travailleurs du
complexe d’El Hadjar considèrent leur exclusion répétée des augmentations salariales annoncées par le président de la République au cours des 6 dernières années comme une profonde injustice et une
atteinte au principe d’équité.
Alors que la production est totalement à l’arrêt depuis le mois de juillet dernier, pour des raisons qui demeurent à ce jour inconnues, en l’absence de tout communiqué officiel, ni de la direction, encore moins du ministère de tutelle. «Cet arrêt injustifié et incompréhensible a aggravé la situation sociale
des travailleurs et a transformé le complexe en un corps sans âme», nous dira un ancien syndicaliste. Et de s’interroger : «Comment expliquer qu’un complexe, en arrêt depuis 6 mois, et les groupes
Imetal et Sider, ainsi que le partenaire social, brillent par leur absence durant cette crise». Il faudrait rappeler que le climat social s’est détérioré au sein du complexe Al Solb El Hadjar depuis plusieurs mois. Par ailleurs, l’ancien bureau syndical a accusé la direction générale de faire preuve d’incompétence et de mauvaise gestion.
L’ancien partenaire social a, souvent, dénoncé sa marginalisation délibérée, ayant subi diverses pressions. De l’avis de notre interlocuteur et candidat aux prochaines élections syndicales : «Le prochain partenaire social, une fois élu, devra impérativement œuvrer à défendre les droits du personnel, à protéger l’outil industriel par
tous les moyens légaux et à désamorcer une crise sociale inédite».
Par : A.Ighil









