En réponse à la question écrite adressée au chef du gouvernement concernant la situation du Complexe sidérurgique Al Solb El Hadjar, transmise par le député du parti HMS de la wilaya d’Annaba, Mohamed El Hadi Tebessi, sur l’avenir du Complexe sidérurgique d’El Hadjar et les mesures à prendre pour ce pôle industriel, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, s’est chargé de répondre aux préoccupations du parlementaire.
Un pilier historique de l’industrie nationale
D’emblée, le représentant du gouvernement annonce que le Complexe sidérurgique d’El Hadjar constitue un pilier historique de l’industrie du fer et de l’acier, et un acteur central de la souveraineté industrielle du pays depuis plus de six (06) décennies. Il ajoute que le complexe dispose d’atouts structurels importants, notamment un patrimoine industriel et foncier conséquent, un capital humain qualifié, ainsi que des certifications internationales, lui permettant d’opérer sur les marchés national et international.
Des dysfonctionnements structurels persistants
Toutefois, reconnaît le ministre, la situation actuelle se caractérise par un dysfonctionnement structurel hérité et aggravé, dont les principales manifestations sont notamment la vétusté avancée des installations industrielles, la dépendance excessive aux matières premières importées représentant plus de 50 % des coûts de production, un déséquilibre de la structure financière limitant les capacités d’autofinancement, tant pour l’exploitation que pour l’investissement, ainsi qu’une érosion notable de la compétitivité des prix.
L’ensemble de ces facteurs a entraîné une baisse de l’efficacité opérationnelle, une hausse des coûts de production et l’abandon de plusieurs produits à forte valeur ajoutée. Cette situation, estime le ministre, s’est davantage détériorée en raison de l’absence de modernisation technologique et de l’apparition de produits de substitution sur le marché.
Impact du retrait de l’ancien partenaire étranger
Dans ce contexte, il convient de signaler que la dégradation de certaines installations est intervenue à la suite du retrait de l’ancien partenaire étranger, qui n’a pas honoré une partie substantielle de ses engagements contractuels en matière d’investissement et de réhabilitation industrielle, ce qui a contribué à l’affaiblissement et à la détérioration de l’outil de production.
Mesures opérationnelles et relance progressive de la production
À cet effet, un ensemble de mesures et de procédures opérationnelles a été défini et se trouve actuellement en phase de transition, dont la mise en œuvre progressive est à l’étude, notamment par la relance graduelle de la production, en s’appuyant sur des produits semi-finis fabriqués localement. Ce qui permettra de réduire la durée des cycles de production, de bénéficier de conditions de coûts plus compétitives et de générer des flux de trésorerie destinés à couvrir les charges internes.
Partenariats stratégiques et restructuration financière
Yahia Bachir révélera l’ouverture de négociations avancées en vue de la concrétisation de partenariats stratégiques avec un opérateur étranger de référence dans le domaine de la sidérurgie, et l’élaboration d’un dossier de restructuration financière visant à rétablir l’équilibre financier de l’entreprise.
Renforcement des capacités grâce aux équipements récupérés
Par ailleurs, dans le cadre des efforts nationaux de lutte contre la corruption et de valorisation des actifs, le complexe a bénéficié d’équipements saisis destinés à l’usine de production de fer à béton, permettant d’augmenter sa capacité de production d’environ 800.000 tonnes par an.
Vision stratégique à moyen et long terme
S’agissant de la vision stratégique du complexe et dans le cadre de la transformation industrielle à moyen et long terme, l’entreprise a validé des études de faisabilité élaborées par des cabinets internationaux de référence, visant à atteindre un niveau de production supérieur à trois (03) millions de tonnes, en se concentrant notamment sur la transition technologique et énergétique par le renforcement des équipements de production actuels et le remplacement progressif des équipements traditionnels par des technologies plus performantes et moins coûteuses, la valorisation des ressources nationales, en particulier le minerai de fer de Béchar et de Gara Djebilet, la reconstruction industrielle progressive du complexe conformément aux normes internationales de compétitivité, ainsi que la réorientation stratégique vers des produits à forte valeur ajoutée destinés prioritairement au marché national, avec une ouverture sur les marchés internationaux.
La dimension sociale au cœur du plan
Enfin, la dimension sociale demeure un axe fondamental de la stratégie adoptée, à travers la mise en œuvre de programmes de formation, de requalification et de réorganisation des effectifs, en adéquation avec le plan d’investissement projeté, devait conclure le ministre de l’Industrie.
Par : A.Ighil












