La direction de l’Éducation de la wilaya d’Annaba traverse une zone de turbulences depuis la mise à l’écart de l’ancien chef du service du personnel, également ex-directeur du lycée Abou Marouane, démis de ses fonctions sur notification du procureur de la République de la Cour d’Annaba. Cette décision intervient après son implication présumée dans plusieurs affaires liées au recrutement, aux promotions et aux nominations au sein du secteur éducatif de la wilaya.
Selon plusieurs sources concordantes, la brigade de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale a ouvert une enquête approfondie visant le responsable concerné, ainsi que quatre chefs de bureaux. Il s’agit du chef du bureau des litiges, de celui du bureau de l’enseignement secondaire, celui de l’enseignement primaire et celui des administratifs. Les enquêteurs devraient les auditionner dans une série de dossiers portant principalement sur des irrégularités dans les décisions de recrutement, de promotion et de mobilité.
Les mêmes sources indiquent que les investigations ont déjà mis au jour le recrutement illégal de 16 enseignants en dehors de plateforme numérique, en violation directe des directives du ministère. À Annaba, plusieurs opérations de recrutement auraient été réalisées dans des conditions opaques, au détriment de l’égalité des chances, et dans un climat marqué par de fortes suspicions d’abus d’autorité.
Les enquêteurs s’intéressent également à des cas de favoritisme avéré, notamment l’embauche illégale de deux filles, cheffes de bureaux, recrutées selon des procédures détournées et contraires aux normes en vigueur. Une autre affaire concerne l’intégration de l’épouse d’un des responsables impliqués, bien qu’elle ne figure pas sur les listes officielles des candidats admis. À cela s’ajoute une situation jugée encore plus choquante : celle d’une étudiante en plein cursus secondaire recrutée dans un poste administratif, en totale entorse à la réglementation.
L’un des volets les plus sensibles du dossier touche au traitement salarial d’une employée résidant à l’étranger. Il s’agit de l’épouse d’un ami proche de l’ancien chef du service du personnel, qui vit actuellement en France, tout en continuant de percevoir son salaire en Algérie, sans qu’aucune mesure de suspension ou d’abandon de poste n’ait été engagée à son encontre.
Les investigations en cours pourraient également révéler des irrégularités dans les opérations de promotion et de mouvement du personnel, des procédures qui auraient été menées dans un flou total, alimentant les soupçons de gestion sélective et de passe-droits. Les sources évoquent une enquête appelée à s’élargir, avec la possibilité d’interpellations supplémentaires parmi les cadres et employés impliqués. La situation a, d’ailleurs, créé un climat de tension et d’inquiétude palpable au sein de la direction de l’Éducation, où l’on redoute l’ampleur des révélations à venir.
Selon les mêmes sources, le dossier de corruption a été officiellement transmis aux autorités compétentes, et les personnes reconnues impliquées seront déférées par devant la justice dès la fin des investigations.
Par : I.S









