Selon le président de l’Association de wilaya d’Annaba de prévention de la toxicomanie, 2.600 jeunes ont été admis dans les Centres Intermédiaires de Soins en Addictologie (CISA), notamment celui de Boukhadra, commune d’El Bouni et celui de Frantz Fanon, wilaya de Blida.
Depuis le mois de janvier 2025, plus de 70 jeunes, dont plus d’une dizaine de jeunes filles, ont été reçus au centre de Boukhadra pour des soins. Cette explosion s’explique par la généralisation de l’usage des psychotropes comme substitut aux drogues. À Annaba, les CISA ont traité 247 personnes souffrant de dépendance aux psychotropes, rien qu’en 2024, dont une importante partie sont des adolescents à
peine majeurs.
La wilaya dispose de deux CISA, situés à Boukhadra et à Annaba-ville, en plus de l’établissement psychiatrique Abou Bakr Errazi. Entre 2024 et 2025, 400 personnes ont été soignées de leurs dépendances aux drogues, avec un fort pourcentage de mineurs. Cette proportion inquiétante d’adolescents, qui représente la majeure partie des patients des CISA d’Annaba, a attiré l’attention et a suscité les inquiétudes de la société civile et des responsables des centres de soins. Ces préoccupations sont justifiées par les séquelles et les dangers mortels qu’implique l’usage prolongé des comprimés psychotropes, sans omettre les difficultés et les répercussions qui accompagnent une cure de désintoxication liée à ces substances.
D’après certains médecins traitants des CISA, contrairement à différentes drogues «conventionnelles», comme le cannabis, la cocaïne et l’héroïne, le principal handicap avec les psychotropes réside dans leur diversité. Il existe, en effet, plusieurs types de différents comprimés, chacun procurant des effets variés aux utilisateurs.
Cette variabilité implique des traitements pour le moins improvisés et compliqués, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un patient qui utilise plusieurs types de psychotropes simultanément. Ces substances peuvent provoquer : paralysie partielle, régression intellectuelle, lésions cérébrales, dépression et même des troubles psychologiques qui débouchent parfois sur des suicides.
Il faut, également, mentionner les cas d’extrême violence et de paranoïa aiguë, phénomènes qui seraient à l’origine des deux tiers des meurtres enregistrés depuis l’avènement de cette pratique.
Cette situation alarmante illustre l’ampleur du défi que représente la lutte contre
cette nouvelle forme de toxicomanie, qui touche principalement une population jeune et vulnérable, nécessitant une approche thérapeutique adaptée et des moyens renforcés pour les structures de soins spécialisées.
Par : A.Ighil












