La crise qui secoue la Société de construction et d’urbanisme de l’Est, Construb-EST, continue de s’aggraver au fil des mois, laissant des centaines de travailleurs dans une précarité extrême. Alors que l’entreprise a déjà connu plusieurs mouvements de protestation, dont un sit-in devant la wilaya, les employés disent cumuler aujourd’hui 28 mois de salaires impayés avant l’année 2024. D’autant que les opérations de saisie sur les véhicules, engins et équipements se poursuivent, vendus souvent à des prix dérisoires.
Dans ce dossier qui traîne depuis des années, les employés rappellent que diverses tentatives de résolution ont été annoncées par le Conseil de participations de l’État, notamment à travers des promesses de restructuration du groupe. Sur terrain, aucune amélioration tangible n’a été constatée, hormis la prise en charge des salaires à partir de janvier 2024 par les pouvoirs publics.
Face à cette situation, le député Seklouli Oualid a adressé une lettre au ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme, de la Ville et de l’Aménagement du territoire, insistant sur l’urgence d’une prise de décision claire et la nécessité de mettre fin à une crise sociale qui touche directement des dizaines de familles plongées dans une grande précarité depuis près de 3 ans.
Selon les informations recueillies, le parlementaire demande explicitement au ministre de préciser à quelle date débutera réellement la restructuration promise du groupe, rappelant que cette mesure est annoncée depuis des mois sans qu’aucun changement concret ne soit observé sur terrain. Le député s’interroge également sur l’horizon temporel prévu pour le règlement des 28 mois de salaires impayés, soulignant que ces arriérés constituent la revendication la plus urgente et la plus sensible pour lesdits travailleurs.
Dans sa lettre, l’élu soulève un troisième point essentiel : les obstacles qui ont empêché l’entreprise d’obtenir de nouveaux projets. Il demande au ministère d’expliquer les raisons administratives, financières ou institutionnelles qui empêchent Construb-EST de relancer son activité, alors que l’absence de chantiers aggrave chaque année les difficultés financières du groupe et accélère la dégradation de ses équipements.
Le député appelle enfin à des mesures concrètes permettant d’assurer la survie de l’entreprise, notamment à travers l’intégration d’un partenaire privé aux côtés de l’État. Selon lui, une ouverture du capital permettrait de moderniser les modes de gestion, de réduire les blocages bureaucratiques, de ramener des investissements indispensables et de garantir la pérennité des emplois au moment où des saisies continuent de frapper les véhicules, les engins de chantier et d’autres équipements vitaux.
Par : I.S









