M.Abderrahmane Kheddi a indiqué que ses services ont, jusqu’alors, reçu plus de 70 procès-verbaux (PV) de réception relatifs à la récupération de propriétés dont il a été prouvé qu’elles ont été acquises illégalement.
Le directeur général du Domaine national (DGD), Abderrahmane Kheddi, a indiqué, hier, que ses services ont confisqué 139 unités économiques dans le cadre de la lutte anticorruption et les ont transférées aux biens de l’État. Invité du forum de la radio nationale, M. Kheddi a ajouté que d’importantes quantités de bijoux et d’objets précieux ont été également transférées à la Banque d’Algérie.
Il a, en outre, expliqué que d’énormes sommes d’argent ont été transférées au Trésor public, notant par la même occasion que «plus de 300 propriétés ont été recensées à l’étranger ». Ces propriétés, a-t-il fait savoir, seront transférées à l’Agence algérienne pour la promotion de l’investissement (AAPI) après leur reversement dans le patrimoine de l’État. Le directeur de la DGD a ajouté que ses services ont, jusqu’alors, reçu plus de 70 procès-verbaux (PV) de réception relatifs à la récupération de propriétés dont il a été prouvé qu’elles ont été acquises illégalement.
Ces opérations s’inscrivent, a-t-il affirmé, dans le cadre des efforts consentis par les plus hautes autorités du pays, qui ont commencé à travailler sur un dossier spécifique de lutte contre la corruption et de récupération des biens immobiliers. Il y’a lieu de rappeler que le Premier ministre, Nadir Larbaoui, avait présidé en février dernier une réunion du Conseil des participations de l’État (CPE) consacrée justement au transfert des biens confisqués dans le cadre des affaires de lutte contre la corruption au profit des institutions et organismes publics.
Réaffectation aux structures publiques
L’accent avait alors été mis sur l’exploitation optimale des unités de production concernées. Depuis 2020, de nombreux hommes d’affaires et hauts fonctionnaires de l’État ont été condamnés, et leurs biens saisis par la justice. Cette réunion visait à accélérer leur réaffectation aux structures publiques afin de renforcer leur exploitation au service de la collectivité nationale.
En août 2024, un haut responsable avait annoncé qu’entre 2022 et 2024, a été opéré le transfert d’un total de 108 actifs et biens saisis dans le cadre d’affaires de lutte contre la corruption au profit d’entreprises publiques économiques dans différents secteurs, notamment l’industrie et la production pharmaceutique, le tourisme, l’énergie et les mines et les travaux publics. En 2022, le transfert a concerné quinze sociétés, huit unités de production, cinq projets de promotion immobilière, deux centres commerciaux et un centre d’affaires, soit un total de 31 biens et actifs, a-t-il détaillé.
En 2024, 51 actifs saisis ont été transférés dans un premier temps, puis 26 autres actifs, soit un total de 77 actifs, a-t-il ajouté. Le secteur de l’industrie a bénéficié à lui seul du transfert de 8 actifs en 2022 et de 34 actifs en 2024 dans diverses filières industrielles, dont les matériaux de construction, les industries agroalimentaires, la mécanique et la sidérurgie. Parmi les unités confisquées, il a cité une cimenterie à Adrar et plusieurs briqueteries dont la propriété a été transférée au Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), des unités d’industrie agroalimentaire dont la propriété a été transférée au groupe public agro-industries (AGRODIV) et plusieurs entreprises dans le secteur de la mécanique dont la propriété a été transférée au groupe des Industries métallurgiques et sidérurgiques (IMetal).
Par : Akram Ouadah









