L’amputation du pied diabétique connaît une recrudescence inquiétante dans la wilaya d’Annaba. Selon les médecins de la région, ces interventions deviennent de plus en plus fréquentes.
C’est dans cette optique qu’une journée de formation sur le pied diabétique a été organisée, réunissant experts algériens et tunisiens pour échanger leurs expériences et proposer des solutions innovantes.
Le Professeur Mohamed Bensaada, médecin-chef du service d’orthopédie et de traumatologie du CHU d’Annaba, a souligné que cette journée vise à résoudre la problématique du pied diabétique en favorisant le partage de connaissances et de bonnes pratiques entre professionnels des deux pays. Il a insisté sur l’importance de l’éducation des patients et de la prévention pour réduire les cas d’amputation.
Vers une collaboration durable algéro-tunisienne
De son côté, le professeur Ramy Ben Salah, spécialiste en chirurgie plastique et esthétique, expert en cellules souches et président de l’Association tunisienne des plaies et cicatrisation et médecine régénérative, a mis en avant l’importance de cette rencontre. Selon lui, cette initiative marque le début d’une nouvelle ère de collaboration dans le domaine de la cicatrisation et du sauvetage des pieds diabétiques.
Il a précisé que cette journée est le fruit de plusieurs années de réflexion sur les meilleures stratégies à adopter pour optimiser la prise en charge des patients.
L’objectif principal de cet échange est de réduire le taux d’amputation, accélérer la guérison et diminuer les coûts de santé liés à cette pathologie. Le professeur Ramy Ben Salah a également annoncé la prochaine création de l’Association Algérienne des Plaies et Cicatrisation, qui renforcera davantage la coopération entre les deux pays.
De plus, des formations en Tunisie seront proposées aux médecins algériens pour approfondir les techniques avancées, notamment à travers des ateliers et des protocoles de soins spécialisés.
Le spécialiste a souligné que l’amputation du pied diabétique constitue un problème majeur en Afrique, en raison d’un manque de formation et d’innovations thérapeutiques.
Il a insisté sur l’importance de développer des protocoles de soins adaptés aux réalités sanitaires et économiques de l’Algérie et de la Tunisie. Selon lui, l’avenir réside dans la médecine régénérative, et il a présenté, lors de cette journée, une conférence enrichissante sur l’utilisation des cellules souches, une technique qu’il est actuellement le seul à pratiquer et qui permet d’éviter l’amputation dans de nombreux cas.
Une rencontre scientifique d’envergure
L’événement a été inauguré en présence du directeur général du CHU d’Annaba, qui a salué cette initiative et le travail des équipes médicales impliquées. La rencontre, qui s’est déroulée à l’hôtel Sabri, a rassemblé plus de 200 participants, parmi lesquels des médecins spécialistes, chercheurs et professionnels de la santé venant de différentes wilayas.
Elle a permis d’aborder plusieurs thématiques essentielles liées au pied diabétique, notamment la prise en charge des plaies chroniques, les nouvelles techniques de revascularisation et l’impact des troubles immunitaires sur la cicatrisation.
Deux ateliers spécialisés ont également été organisés, offrant aux participants l’occasion de se former aux pansements modernes et à l’utilisation du plasma riche en plaquettes (PRP) pour favoriser la cicatrisation.
Par : Ikram Saker









