L’affaire programmée, dans un premier temps, en janvier 2024, au tribunal criminel de Dar El Beida (Alger), a été reportée à la demande des avocats de la défense.
Après un premier report et sept après l’éclatement de l’affaire des 701 kilogrammes de cocaïne saisis à Oran, le procès du principal mis en cause, Kamel Chikhi, dit El Bouchi, aura lieu en juin prochain, ont rapporté, hier, des sources médiatiques. Cette affaire, qui a fait, en 2018, grand bruit, n’a cessé depuis de susciter des interrogations.
L’affaire programmée, dans un premier temps, en janvier 2024, au tribunal criminel de Dar El Beida (Alger), a été reportée à la demande des avocats de la défense. Comparaissait alors, à la barre, Kamel Chikhi, avec à ses côtés ses deux frères, Mohamed et Nacer, Messaoud Nadjib, Rachid Chibane, Abdennacer Boualit, ainsi que les représentants de ses deux sociétés Eurl Dounia Meat et Sarl Amazone. Dans la cadre de cette affaire, pas moins de 48 témoins ont été convoqués par le tribunal, selon l’arrêt de renvoi.
Parmi ces derniers, les membres de l’équipage du navire Vega Mercury, appartenant à la compagnie de transport maritime, MSC (Mediterranean Shipping Company), Michael Mabagos, Gerryl Montenegro, B. Wilson Dellaba, C. Adrian Adonis Cabanero, Alfren S. Binas, tous des Philippins, mais aussi Abdelghani Hamel, ancien patron de la Sûreté nationale et son fils Amyar (en détention), tous absents.
Les chefs d’accusation retenus par la justice contre les mis en cause sont lourds. Ils sont poursuivis pour «constitution d’une bande criminelle organisée afin de commettre des crimes transfrontaliers dans le but d’acheter, vendre, stocker, transporter et importer illégalement de la drogue » et «blanchiment d’argent ».
Parmi eux, des membres de l’équipage du navire Vega Mercury, appartenant à la compagnie de transport maritime Mediterranean Shipping Company ( MSC), Michael Mabagos, Gerryl Montenegro, Wilson Dellaba, Adrian Adonis Cabanero, Alfren S. Binas, tous des Philippins, mais aussi Abdelghani Hamel, ancien patron de la Sûreté nationale ( DGSN) et son fils Amyar, tous absents à l’audience. Après la prise de parole des avocats de la défense et délibération, le président du tribunal criminel a décidé de reporter l’affaire à une prochaine session, selon des médias.
Rappelons que la cargaison de 701 kilos de cocaïne avait été découverte et saisie par les garde-côtes, les Douanes et la Gendarmerie nationale dans un conteneur de viandes congelées en provenance du Brésil. Le container frigorifique dans lequel la poudre blanche était dissimulée aurait été transbordé à bord du cargo Vega Mercury, à Valence, en Espagne.
Le Brésil, point de départ de la cocaïne
La société «Dounia Meat», citée dans le dossier, s’approvisionnait, depuis 2007, chez la société brésilienne «Mirvena Foos». Notons qu’après cette grosse prise, les saisies de cocaïne se sont poursuivies à bord de navire en partance pour Oran. En mai 2013, une importante saisie de cocaïne destinée à l’Algérie a été opérée sur le sol ibérique. Selon le journal espagnol Lavanguardia, une cargaison de 322 kilogrammes de cocaïne dissimulée dans un conteneur à grains (maïs) avait été interceptée au port d’Algésiras, à l’extrémité sud du détroit de Gilbratar, en Espagne.
Cette saisie a été effectuée par la police et les services des Douanes espagnoles à bord d’un bateau de marchandises en provenance, lui aussi, du Brésil et qui faisait route vers Oran, sa destination finale. Selon le média espagnol, la cocaïne avait été répartie en 16 sacs cachés dans des caissons de graines de maïs. Lavanguardia, citant les services du fisc espagnol, a précisé qu’un contrôle du bateau de marchandises a été lancé suite à des renseignements indiquant «l’arrivée imminente à Algésiras d’un conteneur de graines de maïs, qui contiendrait de la cocaïne».
«Une fois les informations analysées et comparées à celles existant dans les bases de données du fisc, les enquêteurs ont obtenu le numéro du conteneur suspect en provenance de l’Amérique du Sud, plus précisément du Brésil, qui transportait des sacs de semences de maïs à destination d’Oran», a révélé le média espagnol. Oran, grande métropole de l’ouest du pays, figure, depuis quelques années, sur la carte des réseaux transnationaux de trafic de drogue.
En juin 2021, éléments des garde-côtes algériens ont par ailleurs saisi près de 500 kilos de cocaïne, découverts par des pêcheurs au large du port d’Oran, avait indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué. «Les garde-côtes du commandement des Forces navales (…) ont déjoué, le 26 juin 2021 à 22h, une tentative d’introduction d’une énorme quantité de cocaïne destinée à l’inondation de notre pays par ces poisons et drogues», avait rapporté l’APS, citant ledit communiqué.
Des pêcheurs locaux avaient signalé «la présence de sacs suspects qui flottaient», avant que des unités des garde-côtes ne soient dépêchées sur les lieux, à six milles marins (11 km) au nord-ouest du Cap Carbon, à Oran.
Par : Akram Ouadah











