Vu la cherté des prix du mouton, le jeu de cornes qui a toujours fait partie des joies de l’Aïd El-Adha semble cette année, bien compromis.
Les combats des enfants par cornes interposées, ont toujours fait rage dans les quartiers au lendemain de la fête. Ces cornes allongées de bâtons ou de manches à balai, font office de port de lance que les bambins utilisent dans leur jeu.
Acheter un mouton à sacrifier le jour de le fête de l’Aïd, jusque là, n’a pas seulement été une affaire d’adulte. Les enfants, surtout les garçons, ont toujours eu leur mots à dire ; « un bélier aux grandes cornes ». Car, après la fête, il y a le jeu. Plus qu’un jeu, une tradition lointaine, même si la tradition : les combats des enfants ont toujours ponctué les lendemains de fête. Les cornes attachés à des bâtons ou des manches à balai, qui font office de port de lance que les joueurs tiennent dans la main, sont heurtées avec violence, les uns contre les autres, et le vainqueur est celui dont la corne et restée intacte à la fin de la partie. N’étant pas chronométrées, les parties ne s’arrêtent que quand il n’y a plus de combattants ou à l’heure du déjeuner. Le vainqueur est celui qui réussit à casser la corne de son adversaire. Mais comme les cornes sont solides, c’est le bâton qui se casse le plus souvent. Il n’y a pas d’enjeu, les enfants jouent uniquement pour s’amuser. Il n’y a pas d’élimination, si un joueur perd la partie, il change d’adversaire et continue à jouer.
Comment transmettre alors ?
Malheureusement, les prix qui ne cessent d’augmenter, risquent de sonner le glas de ces jeux ancestraux. Les prix des moutons inquiètent une grande partie des Algériens. Face à cette cherté, de nombreuses familles seraient dans la difficulté d’assumer le rituel du sacrifice cette année. Tout cela nous amène au questionnement sur le sens de la fête pour les enfants. La transmission par la célébration est un acte qui s’adresse aux enfants pour dire quelque chose de précieux, issu du passé. La réjouissance et l’enthousiasme avec lesquels nous recevons ces événements trouvent leur secret dans l’ambiance de festivités et de joie qui règnent dans les maisons. C’est une tradition qui est aujourd’hui remise en question pour cause de spéculation essentiellement.
Pas de sacrifice, pas de partage
Si la fête de l’Aïd el-Kébir est une fête dédiée au partage et aux réjouissances familiales et entre amis. Elle constitue aussi l’occasion de redoubler d’actes charitables. Tous les musulmans, sans distinction, doivent pouvoir profiter de cette fête.
C’est pour cela que le croyant est invité à partager sa viande avec les plus démunis. Selon la tradition musulmane, les musulmans se doivent de donner un dernier tiers en aumône aux familles en grande précarité. Action des plus louables mais de plus en plus difficile devant l’impossibilité de s’offrir soi-même une bête à sacrifier.
Cette vérité de la transmission n’est malheureusement plus possible pour beaucoup d’algériens qui ne peuvent pas s’offrir un… mouton.
Par : Aly D











