
Un repas d’adieu au défunt Farid Kebir a été organisé par ses parents et alliés, Kebir et Hamrit, à l’intention de ses amis, camarades et proches voisins dans la soirée de mardi dernier à El-Khroub…
Le double choc émotionnel était grand avec l’attentat commis à l’encontre de leur camarade et le décès suivi de l’enterrement en France.
Cette cérémonie funéraire a déterré les souvenirs dramatiques remontant à l’époque de la décennie noire du terrorisme politique islamiste.
En effet, le camarade Farid a été victime d’un odieux et lâche attentat commis en 1995 au moment où le discours politique officiel claironne que “le terrorisme est résiduel”(!?)
Transporté à l’hôpital de sa ville natale par un particulier de passage, il a été aussitôt évacué vers le CHU de Constantine avant d’être réévacué par avion en urgence vers un hôpital de l’hexagone où sa prise en charge médicale lui a sauvé la vie, en laissant toutefois, des séquences handicapantes au niveau de ses membres inférieurs.
L’association humanitaire l’ayant accueilli en lui fournissant une chaise roulante adaptée à ses besoins en déplacements et mouvements lui assurant une prise en charge totale durant 28 années d’exil sanitaire jusqu’à son dernier souffle et son enterrement le 10 juin dernier.
Celui-ci s’est déroulé en présence de son frère Sadek, des handicapés y compris des aveugles et des membres de l’association dans le respect des coutumes algériennes. À savoir, par ailleurs, que même avec son handicap, Farid a été très actif au sein de l’association des handicapées. Par son engagement à toute épreuve et sa ténacité à s’accrocher à la vie, il est devenu son président. Ce que ses amis et camarades lui reconnaissent, c’est son dynamisme.
Depuis sa tendre jeunesse dans son quartier au village d’antan, Farid se distinguait de ses copains dans différents jeux (football amateur, les cartes, …).
Devenu étudiant à l’université de Constantine, il participa à toutes les activités culturelles et autres actions de volontariat estudiantin, ou encore au sein du mouvement de la jeunesse, populaire et social effervescent de son village.
Dans les débats chauds, il défendait farouchement ses idées et ses principes sans complaisance au même titre que ses camarades, le plus souvent, autour du mouvement révolutionnaire en vogue à la charnière des années 70/80 et la confrontation des idéologies qui faisait rage, notamment avec l’islamisme politique montant.
Farid était animé d’un courage sans faille (fhel). L’on se souvient du “bras d’honneur” brandi à la face des intégristes qui ont dissuadé des musulmans à refuser et ne pas participer à la “prière du mort” de son camarade Feu Méziane Lachtar sous des prétextes rétrogrades et obscurantistes (Layajouz) et autres interprétations d’apostasie ou mécréants. C’était à l’époque où l’islamisme politique était conquérant.
Enfin, feu camarade a vécu et survécu trop longtemps dans l’exil forcé sans reniement aucun.
Il a laissé derrière lui deux enfants, une jeune fille et un jeune homme devenu enseignant dans une université à l’étranger !
Repose en paix.
Par : HAMID DAOUI









