A mesure que les dates des examens de fin d’année approchent, des milliers d’élèves multiplient leurs passages du côté des bâtisses faisant fonction d’établissements parallèles où des enseignants dispensent des cours particuliers. Des immeubles aménagés, d’autres semi-construits, des entrepôts, des hangars, des appartements… accueillent quotidiennement des lycéens, des collégiens et des écoliers épris de savoir et de réussite, même si ces lieux sont loin de répondre aux normes requises pour l’acte d’enseigner.
Dans le meilleur des cas, ce sont des maisons à usage d’habitation où s’entassent une moyenne de trente à cinquante élèves. Pour d’autres ce sont carrément des sous-sols sans aération et sans sanitaires qui offrent leurs services à ce ”marché” juteux qui compte aussi ses promoteurs, ses intermédiaires, ses courtiers et ses supports. Les bourses des parents, laminées déjà, par la déliquescence du pouvoir d’achat, sont soumises depuis la rentrée scolaire à la rude épreuve des cours particuliers.
”Je fais partie de cette catégorie de gens qui se considère au-dessous de la moyenne et pourtant, je dois dépenser pas moins de 12.000 DA/ mois pour couvrir les dépenses de mon fils qui est en 3ème année secondaire”, a déclaré B. Rafik, un fonctionnaire qui perçoit un salaire de 45.000 DA. Renseignements pris auprès de plusieurs parties, dont certains enseignants concernés par ce phénomène: les prix des cours collectifs oscillent entre 2000 et 3.000 DA/mois pour chaque élève. Ce dernier doit impérativement les verser au bout de la troisième semaine du mois sous peine d’être renvoyé sans appel. Un cours individuel est, quant à lui, estimé à 20.000 DA/mois pour les enseignants les moins voraces.
Pis encore, dès l’approche des examens une session spéciale de révision est improvisée pour le même prix du paiement mensuel des cours ordinaires. Soit un condensé de deux heures pour 2000 à 3000 DA l’élève. Une source très au fait de ce dossier a placé la barre des rentrées mensuelles de chaque enseignant aux alentours de 150 millions de centimes/ mois.
Un chiffre confirmé par un enseignant qui a requis l’anonymat. De fait, tout le monde affiche complet depuis quelques jours, mais la réalité est tout autre, car on réussit bon gré mal gré à trouver un banc pour tous ceux qui ne font pas signe de frugalité en pareilles circonstances. ”On se fait plumer au grand jour, mais nous ne pouvons qu’abdiquer face à ce recul en éthique et en déontologie perceptible à tous les niveaux. Ce sont nos enfants qui entrent en jeu et là, je présume que tous les autres parents constatent, comme moi, cette montée de cupidité et d’arnaque contre laquelle nous ne pouvons rien”, a fulminé un parent d’élève. Missions dévoyées…
Par : Abderrahmane. D












