Par : M.L
C’est dans le bidonville d’Oued Forcha, communément appelé ‘’Djebanet Snani’’, que El Hadi Kahoul dépérit de jour en jour, sous les regards impuissants de sa famille. Condamné s’il reste en Algérie, il doit être évacué d’urgence en Tunisie où on pourra l’aider avec une intervention chirurgicale, selon l’avis des médecins qu’il a rencontré. L’homme en est aujourd’hui à supplier les autorités d’apaiser ses souffrances avec des médicaments, tant le quotidien lui est devenu atroce. Depuis juillet, la famille d’El Hadi, issue d’un milieu défavorisé, l’a conduit à Alger à trois reprises dans un car, espérant trouver une meilleure prise en charge au niveau de l’hôpital Mustapha Bacha ; malheureusement, El Hadi et ses proches sont rentrés bredouilles. L’homme, âgé de 61 ans, est amputé d’une jambe et souffre d’une nécrose qui, après lui avoir dévoré la peau de la seconde jambe, est aujourd’hui en train de lui ronger ses muscles. Rongé jusqu’à l’os par la gangrène et complétement immobilisé, El Hadi est alité dans un taudis ne présentant aucun confort pour un malade dans cet état ; mais surtout, aucune condition d’hygiène. L’hygiène est pourtant un paramètre décisif dans la prise en charge de ce genre de maladies infectieuses. A l’heure qu’il est, l’homme voit des larves sortir des entrailles de sa peau, sans avoir la force ni les moyens de lutter. En situation de précarité, ce grand-père est atteint d’une maladie de coagulation sanguine détectée en 2010. Résultant d’une intoxication tabagique, celle-ci lui avait déjà provoqué une thrombose (formation d’un caillot de sang dans une veine ou une artère) ayant conduit à l’amputation des orteils de sa jambe en 2010. L’homme avait repris sa vie sans soucis de santé particuliers, avant d’être rattrapé par une thrombose artérielle en juillet 2022. Très violente, celle-ci lui a littéralement dévoré la jambe et va finir par atteindre ses organes s’il n’y aura pas de prise en charge rapide. Le cas d’El Hadi soulève un problème de santé publique, qui est l’absence de services spécialisés en gériatrie et l’inaccessibilité des soins palliatifs au grand public. Ces deux éléments, s’ils venaient à être accessibles à tous, aideraient à désengorger les hôpitaux. Par ailleurs, cela éviterait des souffrances insoutenables aux personnes souffrant de maladies graves et particulièrement douloureuses, comme c’est le cas d’El Hadi. Le but est de permettre aux personnes condamnés de partir décemment sans endurer des atrocités, tout droit sorties d’un autre âge.









