La quatrième édition du concours des villages et quartiers les plus propres de la wilaya de Béjaïa démarre sous de bons auspices avec 35 villages déjà inscrits.
Toutes les communes peuvent participer, y compris celles déjà primées lors des éditions précédentes. Pour encourager l’engagement des associations locales, l’Assemblée populaire de wilaya (APW) a prolongé de quinze jours le délai de dépôt des candidatures. L’objectif est de stimuler l’implication des habitants dans l’entretien de leurs villages et quartiers tout en valorisant leur patrimoine culturel. Lors de la troisième édition, le village de Tizi N’Djber, dans la commune de Beni Djellil, avait été sacré premier. Dix autres villages avaient reçu des trophées spéciaux pour leurs initiatives dans la gestion des déchets, l’écocitoyenneté, la préservation du patrimoine et le développement de l’entrepreneuriat associatif et social.
Solidarité et volontariat : un héritage vivant
35 villages, 35 challenges qui ne se limitent pas à la propreté mais mettent également l’accent sur l’écologie, le développement durable et la solidarité. Cette solidarité légendaire dans les villages kabyles se manifeste par un esprit communautaire fort, se traduisant par des initiatives d’entraide collective comme l’entretien des villages, le nettoyage et le désherbage des rues. Ces actions s’appuient sur un héritage ancestral de l’assemblée, « tajmaat » et sur la twiza, le travail collectif bénévole. Tout dépend de l’organisation de chaque village : certains organisent des volontariats chaque semaine, d’autres un week-end sur deux, et d’autres encore une fois par mois. À tour de rôle, chacun doit accomplir des tâches pour le bien du village.
Les femmes en première ligne
Dans cette dynamique, les femmes jouent un rôle de premier plan. Elles prennent souvent l’initiative du volontariat et du nettoyage, organisant des journées de ramassage des déchets et des opérations de désherbage. Elles sensibilisent la population, notamment les enfants, au tri des déchets et au compostage, et mobilisent les familles et associations autour d’objectifs communs. Ici pas un mégot de cigarette par terre. Certaines actions sont programmées pour accueillir dignement le mois de Ramadhan. Les contributions financières des familles et des villageois vivant à l’étranger soutiennent ces initiatives. Grâce à elles, de nombreux villages sont devenus de véritables œuvres d’art à ciel ouvert.
Le respect des espaces publics
Au-delà de la mise en valeur esthétique, ce concours joue un rôle stratégique dans la préservation de l’environnement. Il encourage le respect des espaces publics et la promotion de pratiques écocitoyennes. Les villages primés deviennent des modèles en matière de limitation de la pollution et de la protection des ressources naturelles.
Un village propre et bien organisé devient naturellement plus attractif pour les visiteurs. Les touristes, séduits par la propreté des rues, la qualité des aménagements et l’harmonie des paysages, prolongent leur séjour et consomment auprès des commerçants et artisans locaux. Les structures d’accueil, telles que les maisons d’hôtes, les restaurants et les centres de loisirs, bénéficient directement de cet afflux, générant des retombées économiques tangibles pour la communauté.
Certaines régions, comme la vallée du M’Zab, illustrent parfaitement cette dynamique. La vallée allie traditions architecturales, gestion rigoureuse de l’eau et respect de l’environnement, montrant comment des pratiques écologiques ancestrales peuvent s’inscrire dans un modèle de développement durable et inspirer d’autres villages à travers le pays.
En favorisant l’investissement local et en stimulant l’entrepreneuriat associatif et social, ce type de concours contribue à créer un cercle vertueux où environnement, tourisme et développement économique se renforcent mutuellement.
Par : Aly D












