Chaque début de saison voit arriver sur les étals les premiers fruits, très recherchés par les consommateurs et particulièrement rémunérateurs pour les producteurs. Mais cette précocité peut avoir un revers.
L’Organisation de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE) alerte sur le risque de récoltes commercialisées avant que les traitements phytosanitaires n’aient eu le temps de se dissiper.
L’avertissement a été lancé ce week end par le président de l’organisation, Mustapha Zebdi. À travers une publication sur les réseaux sociaux, il a relayé la photographie d’un lot de fruits provenant d’un marché de gros sur lequel apparaissent, selon lui, des résidus visibles de produits de traitement. Une image qui illustre un problème récurrent : la récolte de certains produits avant l’expiration des délais de sécurité imposés après les pulvérisations.
Pour l’association de défense des consommateurs, cette pratique ne relève pas d’une simple entorse aux règles agricoles. Elle peut exposer les consommateurs à des résidus chimiques susceptibles d’altérer la qualité sanitaire des aliments. Le délai avant récolte (DAR), fixé en fonction des substances utilisées, permet précisément aux molécules de se dégrader avant la commercialisation. Il varie généralement entre sept et quatorze jours.
Selon Mustapha Zebdi, la pression économique explique en partie ces dérives. Les premiers fruits de la saison, connus sous le nom de « El Fal », se vendent à des tarifs particulièrement élevés grâce à leur rareté. Cette forte rentabilité peut pousser certains producteurs à écourter les délais recommandés afin d’être les premiers présents sur le marché.
L’organisation appelle ainsi les agriculteurs à respecter les protocoles phytosanitaires et à faire de la qualité un impératif plutôt qu’une variable d’ajustement. Elle insiste également sur la nécessité de renforcer l’information et la formation des producteurs afin que les premières récoltes de la saison ne soient plus synonymes de risque pour les consommateurs.
Par : A.D









