Les autorités locales ont lancé, après plusieurs années de suspension, les sessions de formation destinées à l’obtention du «carnet de chauffeur» permettant l’exploitation de véhicules de transport public (taxis), une opération conçue à la fois comme réponse administrative à une demande sociale forte et comme instrument de résorption partielle de la crise de mobilité qui affecte plusieurs axes urbains et intercommunaux.
La relance du dispositif s’inscrit dans une séquence administrative précise : après la clôture des dépôts de dossiers et la transmission des listes préliminaires, les services de la direction du Transport ont orienté les candidatures retenues vers l’établissement chargé de la formation urbaine et interurbain, une mutation rendue nécessaire suite aux vérifications menées par les services de sécurité (police et gendarmerie). Les premières vagues de stagiaires ont été scindées en quatre (4) groupes d’environ 25 personnes chacune, pour permettre un déroulement ordonné des cursus pratique et théorique.
Le périmètre administratif et les conditions d’éligibilité ont été clarifiés par la direction : seuls les postulants de nationalité algérienne, âgés d’au moins 25 ans révolus, en possession d’un permis de conduire de catégorie «B» depuis au moins 2 ans et jouissant de leurs droits civils et politiques, sont admissibles à la formation. Les dossiers ont été acceptés exclusivement par courrier recommandé, le cachet postal faisant foi pour l’ordre de traitement. Par ailleurs, les candidatures des retraités affiliés aux Caisses de sécurité sociale et des personnes bénéficiant d’allocations liées à des maladies chroniques ou d’un handicap incompatible avec la prestation du service public ont été récusées.
Sur le plan procédural, l’administration a imposé des exigences complémentaires relatives au véhicule et à l’engagement d’exploitation. La fiche véhicule (carte grise, attestation d’assurance, procès-verbal de contrôle technique) constitue un élément obligatoire du dossier, tout comme des formulaires d’engagement à occuper la ligne objet de l’autorisation (en qualité d’exploitant) ou à intervenir comme conducteur supplémentaire (en qualité de «meneur»). Ces prescriptions visent à limiter les fraudes documentaires et à garantir que les nouvelles cartes d’exploitant débouchent effectivement sur une offre supplémentaire sur les lignes déficitaires.
L’opération de contrôle est d’ampleur. Plus de 3.150 dossiers ont été soumis à la vigilance des services compétents, selon les publications locales, et la phase d’enquête, engagée depuis plus d’un mois et demi, demeure la condition préalable à l’orientation des candidatures vers la formation. Les autorités tablent sur l’acceptation d’au minimum 2.000 dossiers, qui, une fois formés et habilités, devraient renforcer considérablement le parc de taxis de la wilaya.
Du point de vue de l’offre de transport, l’objectif annoncé est double : ouvrir de nouvelles lignes et rehausser la capacité des lignes existantes afin d’atténuer, sinon de corriger, la congestion chronique observée sur certains parcours reliant les communes majeures. Si le calendrier prévisionnel évoque l’arrivée de plus de 2.000 véhicules dans la flotte avant la clôture de l’année, la traduction effective de cet accroissement dépendra de la célérité des contrôles, de la complétude des dossiers et de la conformité des véhicules aux normes techniques.
L’ouverture du cursus, effective fin juin 2025 après obtention d’autorisations exceptionnelles des instances centrales et sur la base des délibérations de la commission technique des taxis, marque ainsi la volonté des autorités d’articuler : sécurité administrative, professionnalisation des conducteurs et rééquilibrage de l’offre de mobilité. Reste à suivre l’impact réel de cette politique sur le terrain. Au-delà des chiffres projetés, l’enjeu consiste à assurer un encadrement durable, une formation continue, un contrôle technique et une modalité de régulation tarifaire, qui confère à l’augmentation numérique de la flotte une traduction qualitative au bénéfice des usagers.
Par : Mahdi AMA









