Sous la surface de la Méditerranée, la pollution continue de s’accumuler loin des regards. À Mostaganem, quinze plongeurs bénévoles ont repris leur mission de nettoyage des fonds marins afin de retirer les déchets qui menacent la biodiversité et dégradent les écosystèmes côtiers.
Menée sous l’égide de la Fédération des associations environnementales et touristiques, cette nouvelle campagne témoigne de l’ampleur d’une pollution largement invisible depuis le rivage. Munis de leur équipement de plongée et de sacs de collecte, les volontaires récupèrent des détritus abandonnés parfois depuis plusieurs années. Plus de 200 kilogrammes de déchets ont déjà été remontés à la surface, parmi lesquels des bouteilles en plastique, des canettes, des pneus usagés, des morceaux de verre et des filets de pêche.
Au-delà de leur impact paysager, ces déchets représentent une menace directe pour les milieux marins. Ils détruisent les habitats naturels, piègent la faune, favorisent la prolifération des microplastiques et fragilisent un écosystème déjà soumis aux effets du réchauffement climatique et des activités humaines.
« Ce que nous découvrons à chaque plongée illustre l’ampleur du phénomène. La lutte contre la pollution marine exige une mobilisation continue », souligne l’un des plongeurs. Cette ‘initiative s’inscrit dans un mouvement qui gagne progressivement l’ensemble du littoral algérien. À Alger, l’opération nationale « Les Éboueurs de la mer », lancée depuis le port de Tamentfoust, mobilise chaque été des centaines de bénévoles, des plongeurs et des associations dans les quatorze wilayas côtières.
Au-delà du nettoyage des plages, ces campagnes ciblent également les fonds marins, où s’accumulent pneus, plastiques, filets de pêche et autres déchets abandonnés. Mostaganem n’en est d’ailleurs pas à sa première mobilisation. Dès 2025, l’association Trident Club avait organisé une vaste opération de nettoyage du port de pêche de la Salamandre afin d’évacuer les déchets plastiques et les résidus de matériaux de construction accumulés dans le plan d’eau. L’objectif était déjà de sensibiliser les citoyens à la protection du milieu marin et de rappeler que la pollution ne s’arrête pas au trait de côte.
Pour les organisateurs, ces opérations ne peuvent toutefois se substituer à une véritable prévention. Tant que les déchets continueront d’être abandonnés sur les plages ou rejetés en mer, les campagnes de nettoyage ne feront qu’atténuer les conséquences d’un problème dont l’origine reste avant tout humaine. La protection du littoral passe donc autant par l’engagement des bénévoles que par une évolution durable des comportements des citoyens.
Par : A.D












