Une vive controverse vient d’éclater sur les réseaux sociaux au Maroc à la suite de la diffusion d’un communiqué annonçant le dépôt du dossier de constitution d’une nouvelle formation politique baptisée « Parti de l’Unité » en arabe et « Likoud » en hébreu, ouvertement adossée à une référence confessionnelle juive. Selon le document en circulation, consulté par le quotidien Ennahar, l’initiateur du projet, El Houcine Benmessaoud, a déposé le 31 octobre dernier la déclaration officielle auprès du ministère marocain de l’Intérieur sous l’intitulé « Parti de l’Unité aux fondements démocratiques et à la référence juive ». Ainsi, la formation a fait le choix d’adopter explicitement l’appellation hébraïque du principal parti de la droite israélienne.
Selon la même source, le comité fondateur motive sa démarche en s’appuyant sur les dispositions de la Constitution marocaine et sur l’article 6 de la loi organique n° 29.11 relative aux partis politiques. Il est à préciser que les promoteurs de cette initiative cherchent à inscrire leur projet dans le sillage de la normalisation maroco-sioniste, invoquant l’accord tripartite signé en décembre 2020 avec les États-Unis ainsi que le discours royal de mars 2019 axé sur la coexistence religieuse.
Aussi, le texte met en avant les visites officielles effectuées au Maroc par des dirigeants sionistes d’origine marocaine, notamment le président du Parlement de l’entité sioniste Amir Ohana et la ministre des Transports Miri Regev en mai et juin 2023. Sur le plan doctrinal, le projet entend concilier la foi juive comme référentiel avec une allégeance au pouvoir Makhzenien Cette tentative de fondation partisane à ancrage confessionnel et sioniste direct constitue une initiative inédite qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique au Maroc.
Par : Akram Ouadah










