Porté par l’ANESRIF et soutenu par des financements multilatéraux de premier plan, le mégaprojet ferroviaire reliant le Nord au Grand Sud offre une opportunité inégalée vers la profondeur stratégique de l’Algérie. Avec une enveloppe globale de 1 910 milliards de dinars, ce corridor transsaharien ambitionne de parachever le désenclavement des wilayas du sud et de structurer de nouveaux axes d’intégration économique avec l’Afrique subsaharienne.
Le mégaprojet structurant de la ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset se dote des moyens de ses ambitions. L’enveloppe financière globale nécessaire à la concrétisation de ce chantier pharaonique a été officiellement arrêtée à 1 910 milliards de dinars (environ 14,6 milliards de dollars), selon des sources officielles.
Cet investissement stratégique s’inscrit au cœur de la vision des pouvoirs publics visant à parachever le désenclavement du territoire national, à moderniser le réseau logistique et à dynamiser durablement les flux d’échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour amorcer la réalisation des tronçons prioritaires et finaliser les études techniques d’exécution, une première tranche de 360 milliards de dinars a d’ores et déjà été mobilisée sur le budget de l’État, ajoutent les mêmes sources. Ce déploiement est couplé à un appui financier international de premier ordre, notamment de la Banque africaine de développement (BAD). L’institution financière a ainsi acté un premier décaissement de 747,3 millions d’euros fin 2025, suivi à l’été 2026 de l’approbation d’un second prêt de 878 millions de dollars spécifiquement fléché vers le tronçon stratégique Ghardaïa–El Ménéa (230 km).
Un axe de communication intercontinental
S’étirant sur un parcours total de plus de 1 900 kilomètres, le tracé ferroviaire se déploie selon un calendrier progressif. Il s’agit d’abord du troncon Alger – Boughezoul – Laghouat. Un axe déjà concrétisé, intégrant la la mise en service effective des liaisons vers Djelfa et Laghouat. Puis, de celui de Laghouat – Ghardaïa – El Ménéa. Un tronçon activement en chantier, mobilisant les entreprises d’infrastructures et d’ouvrages d’art pour consolider le maillage du Haut-Plateau vers le seuil saharien.
Et, en fin, celui d’El Ménéa – In Salah – Tamanrasset. Concerant cette section, les études topographiques et d’ingénierie avancées sont parachevées, préparant le terrain pour le déploiement opérationnel des équipes dans le cadre de l’horizon programmatique 2030-2035. Au-delà de son impact structurant sur le transport de passagers et l’acheminement sécurisé des marchandises, cette artère ferroviaire préfigure un véritable pont logistique vers le Sahel, renforçant la position de l’Algérie comme carrefour incontournable des grands axes de communication intercontinentaux.
Par : Akram Ouadah








