Le sable du Sahara pourrait bientôt rapporter des recettes au Trésor public. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit, pour la première fois, l’instauration d’une redevance sur l’exploitation des sables sahariens, y compris ceux issus des dunes et des tempêtes. Le gouvernement entend ainsi tirer des revenus d’une ressource largement utilisée dans plusieurs secteurs économiques, dont l’exploitation ne donne actuellement lieu à aucune contrepartie financière pour l’État.
L’article 182 du projet de texte prévoit l’instauration d’« une redevance due au titre de l’utilisation et de l’exploitation des sables sahariens, sous toutes leurs formes, y compris les sables des dunes ainsi que les sables issus des tempêtes ».
500 DA par mètre cube extrait
Le montant de la redevance serait fixé à 500 DA par mètre cube, pour des recettes annuelles estimées à 700 millions de dinars par le gouvernement. La mesure concernerait 17 wilayas du Sud, où 250 points d’extraction sont répertoriés.
Selon l’exposé des motifs, l’exploitation de cette ressource à des fins économiques ne génère actuellement aucune contrepartie pour le Trésor public. Le gouvernement estime que cette situation « prive le Trésor public d’une ressource financière importante » et justifie l’instauration de la redevance par la nécessité d’« accroître les ressources du budget de l’État ».
Le paiement serait effectué auprès de la caisse de l’inspection des domaines territorialement compétente. Des modalités complémentaires pourraient, si nécessaire, être fixées par arrêté interministériel des ministres chargés de l’Intérieur et des Finances. Ces dispositions permettraient de préciser les conditions d’application du nouveau prélèvement.
Dix-sept wilayas concernées
Le dispositif couvrirait Adrar, Tamanrasset, Béchar, Illizi, Tindouf, Ouargla, Ghardaïa, El Oued, In Salah, In Guezzam, Bordj Badji Mokhtar, Djanet, Béni Abbès, El Menéa, Timimoun, Touggourt et El Meghaier. Au total, 250 points d’extraction sont recensés dans ces territoires, ce qui donne une idée de l’étendue géographique du dispositif envisagé.
Le sable saharien est utilisé dans de nombreux domaines, notamment le bâtiment, les travaux publics, la construction routière, les infrastructures de base, les barrages et certaines activités industrielles. Cette diversité d’usages en fait une ressource importante pour les chantiers et les projets d’aménagement dans les régions concernées.
À travers cette mesure, le gouvernement souhaite faire contribuer l’exploitation de cette ressource aux recettes publiques, alors que son utilisation à des fins économiques ne donne actuellement lieu à aucun versement au Trésor. L’objectif affiché est de mieux valoriser les ressources disponibles dans le Sud et de diversifier les recettes budgétaires.
La mise en œuvre effective de cette redevance dépendra toutefois de l’adoption définitive du PLF 2027 et, le cas échéant, des textes précisant ses modalités d’application.
Par : S.A.B.








