Avec une pluviométrie annuelle se situant entre 800 et 1.200 mm, et une flore et une faune des plus diversifiées, Jijel représente le poumon vert de l’Algérie. Avec ses 5 barrages et un 6ème en projet, elle est aussi le réservoir hydraulique de plusieurs wilayas. Avec Béjaïa, Skikda, Annaba et El-Tarf, Jijel reste l’une des régions les plus boisées.
Son relief montagneux et la vocation rurale de la plupart de ses communes, lui confèrent une place prépondérante dans la biodiversité et l’économie rurale. Suite à cette tragédie qui a ravagé une importante partie de son couvert végétal, cette wilaya fait ainsi subir à l’Algérie une perte de son patrimoine forestier, devenu vulnérable depuis longtemps.
Les incendies des 26 et 27 août 2026 viennent porter l’estocade à une région dont on ne cesse de vanter le tourisme balnéaire et de montagne. En un clin d’œil, les montagnes, surplombant la corniche, sont parties en fumée, tandis que celles des zones rurales ont été décimées, emportant avec elles une partie de la population.
Au bout de cette tragédie, il ne reste quasiment plus rien de ces atouts. Les estivants sont partis dans la précipitation, écourtant leur séjour touristique pour fuir les flammes, tandis que les zones rurales et forestières ont subi le funeste sort. Les dégâts sont d’une ampleur incommensurable sur tous les plans : humains, matériels, mais aussi et surtout écologiques.
Si les pertes humaines et matérielles n’ont pas encore été définitivement établies, le préjudice écologique s’étendra encore sur des années. La régénérescence d’une forêt décimée dans les régions incendiées, avec toute une faune elle aussi anéantie, prendra du temps. Il ne reste que le drame, le noir et l’odeur de la cendre.
La biodiversité est, ainsi, touchée de plein fouet dans l’une des régions les plus vertes et les plus riches sur le plan écologique du pays. Il faudra encore du temps pour que la nature reprenne son chemin et fasse renaître de ses cendres un écosystème décimé.
Par : Amor Z






