Un symptôme, une vidéo sur les réseaux sociaux, un conseil glané auprès d’un proche et, parfois, un médicament pris sans consulter. L’automédication s’installe dans les habitudes, portée par la recherche de solutions rapides et moins coûteuses, mais aussi par l’abondance des conseils de santé accessibles en ligne. Derrière ce réflexe devenu courant se dessinent pourtant des risques souvent sous-estimés : erreurs de diagnostic, traitements inadaptés et retard dans la prise en charge de certaines maladies.
À l’arrivée des changements de saison, la toux, la fièvre, les maux de gorge et l’écoulement nasal incitent de nombreuses personnes à se soigner seules. Certaines s’appuient sur leur expérience, d’autres suivent les recommandations de leur entourage ou reprennent un médicament déjà utilisé. L’objectif est souvent d’éviter une consultation et les frais qui l’accompagnent. Mais des symptômes similaires peuvent avoir des causes différentes, et un traitement efficace dans un cas peut se révéler inapproprié dans un autre.
Internet et les réseaux sociaux amplifient cette tendance. En quelques clics, les internautes trouvent des explications à leurs symptômes et des conseils thérapeutiques dont la fiabilité n’est pas toujours vérifiée. Sur TikTok ou Instagram, des vidéos courtes et largement diffusées présentent des produits ou des remèdes comme des solutions simples, parfois sans précautions suffisantes. « J’ai vu une vidéo, j’ai tous les symptômes » : certains patients arrivent ainsi convaincus de leur diagnostic et du médicament qu’ils devraient prendre. Pourtant, la popularité d’un contenu ne garantit ni sa validité scientifique ni l’innocuité du produit recommandé.
L’intelligence artificielle devient également une source de conseils médicaux. Ses réponses détaillées et son ton assuré peuvent donner l’impression de consulter un professionnel. Même lorsque des avertissements précisent qu’elle ne remplace pas un médecin, l’utilisateur peut être tenté de suivre ses suggestions sans vérification. Les conséquences vont du choix d’un traitement inadapté au retard d’une consultation nécessaire, avec parfois une anxiété accrue face aux symptômes.
La prévention de ces risques exige une vigilance collective. Les familles, les médecins et les pharmaciens ont un rôle essentiel à jouer pour rappeler les limites de l’automédication. Une attention particulière doit être accordée aux enfants, notamment aux nouveau-nés, chez lesquels les plantes, les infusions et les remèdes maison ne sont pas nécessairement sans danger. Avant de traiter soi-même un symptôme, mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé plutôt que de s’en remettre à une recommandation trouvée en ligne ou transmise de bouche à oreille.
Par : Aly D











