Le projet de loi de finances 2027 prévoit 1 138,72 milliards de dinars pour la santé et 28 329 nouveaux postes budgétaires. Présenté par le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudane, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le budget prévoit des investissements dans les infrastructures, les équipements et les médicaments. Les députés ont toutefois alerté sur la pénurie de radiologues spécialisés et les retards de certains projets.
Le budget atteint 1 138,72 milliards de dinars en crédits de paiement et 1 111,83 milliards en autorisations d’engagement, en hausse respective de 8,64 % et de 7,05 % par rapport à 2026. Le secteur se classe au cinquième rang des départements ministériels en matière d’allocations financières.
28 329 postes, dont 17 000 paramédicaux
Le projet prévoit 28 329 nouveaux postes, soit 3842 de plus qu’en 2026, dont 17 000 pour le personnel paramédical, 3000 pour les médecins spécialistes et 2000 pour les généralistes. S’y ajoutent 1592 postes de sages-femmes, 154 de professeurs d’enseignement paramédical et 1000 pour les corps de fonctionnaires concernés. Les effectifs paramédicaux augmentent ainsi de 2000 postes et ceux des spécialistes de 400 par rapport à 2026.
Les établissements publics bénéficieront également de 180 milliards de dinars des organismes de sécurité sociale, soit 10 milliards de plus qu’en 2026, auxquels s’ajoutent d’autres ressources, notamment celles du Fonds de lutte contre le cancer.
Infrastructures, médicaments et formation
Le programme de prévention et de traitement disposera de 353 milliards de dinars en crédits de paiement et de 329,79 milliards en autorisations d’engagement, en hausse respective de 16,45 % et de 9,76 %. Les fonds financeront les infrastructures, leur rénovation et l’acquisition d’équipements, d’ambulances et de cliniques mobiles. Le programme prévoit également 363 nouvelles opérations d’investissement, notamment pour achever et équiper des hôpitaux et des polycliniques.
Les médicaments et fournitures médicales bénéficieront de 183,55 milliards de dinars, en hausse de 52,96 %, auxquels s’ajoutent 30 milliards pour les vaccins, sérums et réactifs de laboratoire via l’Institut Pasteur d’Algérie, soit une enveloppe totale de 213,55 milliards. La formation sanitaire disposera de 14,58 milliards en crédits de paiement et de 12,22 milliards en autorisations d’engagement.
Les députés pointent les insuffisances persistantes
Les députés ont appelé à accélérer les projets en retard, à fournir les équipements manquants et à mieux répartir les ressources humaines. Ils ont notamment insisté sur la pénurie de radiologues spécialisés et évoqué la transformation de certaines salles de soins communales en structures multiservices.
La coordination entre le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie pharmaceutique et la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a également été soulevée pour garantir la disponibilité des médicaments.
Le projet prévoit enfin d’élargir les dépenses du compte spécial « Fonds d’urgence et activités de soins médicaux » aux urgences médico-chirurgicales et d’assouplir les règles de participation nationale pour certaines activités d’importation et de services liés à la radiothérapie. Cette mesure vise à faciliter l’acquisition et la maintenance des équipements ainsi que l’approvisionnement en pièces détachées.
Le ministre a insisté sur la rationalisation des dépenses, la numérisation et une meilleure répartition des investissements. Le président de la commission, Abdelhafid Brima, a rappelé que l’efficacité du budget devait se mesurer à son impact sur les services de santé, tout en préservant la gratuité des soins publics.
Par : S.A.B












