Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a prononcé, hier, de lourdes peines à l’encontre de l’homme d’affaires Réda Kouninef et de membres de sa famille, poursuivis pour des faits de blanchiment d’argent et de dissimulation de revenus criminels, dont le procès s’est tenu le 23 décembre dernier.
Réda Kouninef a été condamné à dix ans de prison ferme et à une amende de 8 millions de dinars, avec confiscation de l’ensemble des biens et avoirs saisis.
La même peine a été infligée à l’un de ses beaux-frères, Manil Nouacera, en fuite, avec confirmation du mandat d’arrêt émis à son encontre.
En revanche, son beau-père, Abdelaziz Nouacera, présent au procès, a été condamné à quatre ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars, assorties de la confiscation de tous les biens saisis.
La juridiction a également condamné Réda Kouninef à verser 30 millions de dinars au Trésor public à titre de réparation, tandis que son fils et son beau-frère ont été condamnés solidairement à verser 10 millions de dinars chacun.
Pour rappel, les prévenus étaient poursuivis pour « blanchiment d’argent issu de crime, lié à des faits de corruption », en lien avec l’exploitation d’une concession agricole située à Zéralda, appartenant à un investisseur algéro-tunisien, Belahcène Benabdellah, décédé depuis.
Selon l’accusation, Réda Kouninef aurait acquis en 2018 le droit d’usufruit d’une partie de cette concession et procédé à l’exploitation de biens et d’équipements sans justification légale suffisante.
Lors de l’audience, Réda Kouninef a rejeté en bloc les accusations, soutenant que la transaction portant sur l’usufruit, d’un montant de 5 millions de dinars et conclue pour une durée de 20 ans, relevait d’un accord légal entre deux personnes physiques, dans le cadre d’un projet agricole qui n’a jamais été concrétisé en raison de son incarcération et de la pandémie de Covid-19.
Dans son réquisitoire, prononcé le 23 décembre dernier, le procureur de la République avait requis les peines maximales et la confiscation de l’ensemble des biens saisis, tandis que le Trésor public avait réclamé une indemnisation de 5 milliards de dinars pour les pertes subies.
La défense, pour sa part, a dénoncé « des failles » dans les enquêtes préliminaire et judiciaire, plaidant la relaxe et contestant l’existence de tout lien avec des actes de corruption impliquant des agents publics.
Réda Kouninef a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations définitives dans des affaires liées à la corruption.
En 2020, il avait été condamné à 16 ans de prison dans des dossiers portant notamment sur l’obtention indue de foncier industriel, des avantages bancaires injustifiés et des marchés publics frauduleux, peines ensuite réduites en appel.
Dans d’autres affaires, l’ex patron de KouGC a écopé de dix ans et deux ans de prison ferme.
Par : Elyas Abdelbaki







