C’est sur un parcours souvent invisible pour le consommateur que l’État entend aujourd’hui renforcer sa vigilance.
Prix qui s’envolent, produits qui disparaissent des étals, marges abusives ou spéculation : le consommateur reste souvent le premier à subir les dysfonctionnements du marché. C’est sur ce terrain que le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national entend renforcer son action. Lors d’une réunion de travail tenue par visioconférence avec les directeurs régionaux du commerce, la ministre Amel Abdellatif a insisté sur l’intensification des contrôles et sur la nécessité d’un suivi quotidien de l’approvisionnement.
L’objectif est d’éviter que les ménages ne supportent les conséquences des perturbations dans les circuits de distribution. Les contrôles doivent ainsi couvrir non seulement les commerces de détail, mais l’ensemble de la chaîne, du producteur au consommateur. Une surveillance plus étroite des stocks, des grossistes et des intermédiaires doit permettre de repérer les pratiques de rétention et les tentatives de spéculation avant qu’elles ne provoquent pénuries ou hausses injustifiées.
La traçabilité constitue également un volet important de cette démarche. Des outils numériques sont progressivement déployés afin de mieux suivre la circulation des marchandises et d’identifier les dysfonctionnements dans les réseaux de distribution. L’enjeu est particulièrement important pour les produits de première nécessité, notamment ceux bénéficiant d’un soutien public ou soumis à une réglementation des prix, qui doivent parvenir aux consommateurs dans les quantités nécessaires et au tarif prévu.
Les circuits informels et les multiples intermédiaires font eux aussi l’objet d’une attention accrue. Leur contrôle doit contribuer à limiter les marges excessives qui finissent par alourdir directement le budget des familles.
À l’approche de la rentrée sociale, cette vigilance se concentre également sur les fournitures scolaires, dont la demande augmente fortement. Des marchés de proximité et des manifestations commerciales doivent être accélérés afin de proposer aux familles des articles accessibles et de limiter les risques de spéculation.
Le suivi quotidien doit enfin permettre de réagir rapidement aux tensions sur certains produits, en anticipant les pénuries locales, en réorientant les approvisionnements ou en renforçant l’offre lorsque cela s’avère nécessaire.
Protéger le consommateur commence donc bien avant son arrivée devant le rayon. L’efficacité de cette surveillance se mesurera à une réalité simple : pouvoir trouver les produits nécessaires, en quantité suffisante et à des prix réellement accessibles.
Par : A.D






