Avec « Les jours inquiets », Arezki Metref livre un roman où l’intime se mêle à la grande Histoire. À travers le parcours d’un jeune journaliste algérien envoyé en stage en République démocratique allemande au début des années 1980, l’auteur explore les thèmes de l’exil, de la mémoire, de l’amour et de l’attachement aux racines.
L’histoire s’ouvre dans un Berlin-Est glacé de l’hiver 1980. Loin de son Ariwa natale, le narrateur découvre une société façonnée par l’idéologie communiste et la surveillance omniprésente. Dans cette ville figée par le froid et les certitudes politiques, il rencontre Gaby, une étudiante allemande dont il tombe amoureux. Une relation aussi passionnée que fragile, marquée par les frontières visibles et invisibles qui traversent alors l’Europe de l’Est.
Mais tandis qu’il s’abandonne à cette histoire d’amour, un drame bouleverse son existence. En Algérie, un violent tremblement de terre frappe sa région. Parmi les victimes figure sa mère, Magdouda, figure centrale de sa vie. La disparition de cette femme, véritable pilier familial, devient une blessure qui ne cessera de le hanter.
Neuf ans plus tard, alors que le Mur de Berlin vacille et que l’ordre politique de l’Est européen s’effrite, le narrateur retrouve Gaby. Il découvre également l’existence d’un enfant né de leur union, confrontant ainsi son passé à un présent qu’il croyait révolu.
Au-delà du destin de ses personnages, « Les jours inquiets » propose une plongée dans l’univers de l’ex-RDA à l’époque de la guerre froide. Des rues de Berlin-Est à la célèbre Trabant, en passant par la propagande, les succès sportifs érigés en vitrine du régime et le climat de méfiance qui imprègne la société, le roman restitue avec précision l’atmosphère d’un système dominé par une idéologie omniprésente.
Construit en trois volets, le récit s’appuie sur une écriture réaliste nourrie de souvenirs, de relations humaines et d’expériences vécues. Entre l’Allemagne de l’Est et l’Algérie meurtrie par la catastrophe, Arezki Metref compose une réflexion sensible sur l’arrachement, la transmission et la quête d’identité.
À travers cette histoire traversée par les bouleversements politiques et les drames personnels, l’auteur signe un roman sur la force des racines, la géographie des sentiments et le prix parfois douloureux de la liberté.
Par : A.D












