Les États-Unis ont programmé pour les 23 et 24 février (Lundi et Mardi, Ndlr) à Washington une nouvelle ronde de négociations sur l’avenir du Sahara occidental. Selon le journaliste Ignacio Cembrero, expert reconnu du dossier, relayé par le site El Confidencial, il s’agit, une fois de plus, d’une rencontre à caractère « secret ».
Ces réunions confidentielles témoignent de la volonté de Washington de reprendre un rôle actif dans un conflit longtemps figé, où les tentatives de médiation se sont souvent heurtées à l’absence de compromis durable.
D’après cette source, les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie ont été conviés à ces discussions, aux côtés de la direction du Front Polisario. Cette réunion survient à peine deux semaines après un premier contact tenu à Madrid et constitue la troisième session en moins d’un mois, illustrant la volonté américaine d’accélérer le processus.
El Confidencial note avec humour que les délégations sont peu enthousiastes à l’idée de tenir une réunion pendant le ramadhan. “Elles craignent que le jeûne n’altère leurs facultés, surtout l’après-midi, avant la tombée de la nuit, comme elles l’ont laissé entendre, mi-plaisant, mi-sérieux, à leurs hôtes américains”, rapporte Cembrero, en précisant que Massad Boulos, le gendre de Donald Trump, est de confession maronite.
Pression américaine pour une avancée rapide
Selon Cembrero, l’administration américaine cherche à accélérer le processus afin d’obtenir une “victoire” diplomatique sur le Sahara occidental avant l’été. Washington serait animé par le désir de renforcer son influence dans la région et de s’imposer sur un conflit longtemps bloqué, en exerçant des pressions sur les parties pour qu’elles acceptent le plan marocain d’autonomie comme base exclusive de négociation.
Le journaliste souligne que cette démarche s’écarte des canaux traditionnels de médiation de l’ONU et traduit une volonté de forcer une avancée rapide, même au prix de concessions symboliques marocaines, telles que l’usage d’un drapeau ou d’un hymne propres au territoire.
Le représentant du Polisario en Espagne, Abdulah Arabi, a réaffirmé au site espagnol Infobae que “la seule formule est que le peuple sahraoui décide”. Il a insisté sur le fait que toute solution ne respectant pas le droit à l’autodétermination serait « vouée à l’échec » et a exprimé des réserves sur les modalités électorales prévues dans le plan marocain, notamment la participation de résidents marocains sans période minimale prolongée de résidence.
Cette position reflète la fermeté du Polisario face à ce qu’il considère comme des tentatives de contourner le principe fondamental d’autodétermination.
Selon El Confidencial, l’Algérie maintient une posture “prudente” face à ce processus accéléré. Alger considère que les garanties symboliques évoquées ne sauraient se substituer au droit à l’autodétermination reconnu par les résolutions des Nations unies et s’oppose à toute solution perçue comme imposée par la pression américaine.
Par : S.A.B








