Les dômes funéraires du quartier de Chabbia ont été pris pour cible ces derniers jours. Plusieurs coupoles et mausolées, datés du 19e et du début du 20e siècle, portent des traces visibles de démolition et de vandalisme signalées et filmées par des citoyens et des acteurs locaux sur les réseaux sociaux. Ces images ont provoqué une émotion vive dans la ville et relancé le débat sur la vulnérabilité du patrimoine religieux et mémoriel.
Un historien local, Mohamed Nadhir Challali, a publié une vidéo qui circule largement et qui documente l’état des lieux. Le montage montre des constructions mutilées et des inscriptions effacées. Des témoins interrogés sur place évoquent l’action de personnes anonymes qui se présentent d’abord comme engagées dans une opération de «nettoyage» des lieux, puis passent à la destruction matérielle des éléments architecturaux et ornementaux qui font la singularité de ces tombeaux. Ces images et ces récits ont indigné la population.
La signification de ces édifices dépasse la simple valeur locale. Ces dômes constituent des repères mémoriels qui relient des générations. Leur altération est perçue par des acteurs culturels comme une atteinte à l’identité régionale. Sur les réseaux, certains commentateurs comparent ces actes à des tentatives d’effacement historique et culturel. Une comparaison qui traduit la profondeur de l’inquiétude ressentie par la population.
Sur le plan légal, la destruction d’éléments du patrimoine est sanctionnée par la loi n°98-04 relative à la protection du patrimoine culturel. Le texte définit le patrimoine de la nation et prévoit des dispositifs pénaux pour réprimer les atteintes volontaires aux biens culturels immobiles et mobiliers. Dans ce cadre juridique, la démolition ou la dégradation intentionnelle de monuments ou d’éléments funéraires peut engager des poursuites. La question qui se pose aujourd’hui est double : qui a mené ces actions et pourquoi? Et comment les autorités compétentes vont-elles appliquer la loi pour rétablir la protection et réparer autant que possible les dommages?
Plusieurs voix locales réclament une réaction publique et une enquête diligente. Des militants du patrimoine et des acteurs de la société civile appellent à une protection renforcée des sites, à des opérations de restauration sous contrôle scientifique et à une procédure transparente pour traduire les coupables en justice. Les interprétations sur les causes sont diverses. Pour certains, il s’agit d’actes motivés par un extrémisme idéologique qui refuse toute syncrétisassion culturelle. Pour d’autres, il s’agit d’une radicalisation de pratiques populaires de «nettoyage» des tombes qui, mal conduites, ont basculé dans la destruction. Les deux hypothèses soulignent la même nécessité urgente d’un cadre de préservation et d’une mobilisation civique.
Par : Mahdi AMA












