La mairie d’El Bouni traverse une rupture de commande dont la portée dépasse l’événement judiciaire. La condamnation récente de l’ancien maire a entraîné l’ouverture d’une procédure administrative qui devrait aboutir à la radiation de son siège et à l’installation d’un successeur désigné par la liste politique à laquelle il appartenait.
Les services de la daïra ont adressé aux agents communaux les instructions pour lancer les délibérations nécessaires à la constatation de la vacance du mandat, puis à sa substitution. Une fois la succession actée, l’assemblée sera appelée à organiser, selon les règles en vigueur, une élection interne pour choisir son président effectif. L’intérim est assuré à ce jour par le maire par délégation, dont la fonction reste précaire tant que la procédure n’est pas refermée.
La pluie de tractations qui précède ce basculement n’appartient pas au registre public. On observe deux dynamiques. D’un côté des élus aux racines visibles, présents et reconnus par les citoyens pour des actions concrètes, qui mettent leur carnet d’adresses et leur bilan de terrain en avant. De l’autre côté, des regroupements discrets, des accords de couloir et des calculs de majorité qui visent à écarter les profils trop populaires ou trop exigeants en termes de comptes rendus locaux.
El Bouni figure parmi les communes urbaines dont les demandes de viabilisation, de voirie et de services demeurent prioritaires. La faiblesse actuelle de l’Exécutif communal, aggravée par d’autres affaires judiciaires touchant des élus, fragilise la mise en œuvre de projets et la continuité administrative attendue par les habitants.
La bataille qui s’annonce sera courte et concentrée. Elle se jouera d’abord au sein des 33 conseillers, ensuite sur les réseaux où se négocie désormais une part non négligeable de la légitimité politique locale. Par ailleurs, les citoyens attendent que l’alternance interne se traduise par des décisions et des chantiers, pas par des manœuvres.
Par : Mahdi AMA












