Le Fonds monétaire international (FMI) a publié ses conclusions au titre de l’article IV de 2026 sur l’économie algérienne, mettant en lumière une solide dynamique de croissance portée par les investissements publics et le secteur hors hydrocarbures, tout en insistant sur l’urgence d’engager des réformes structurelles rigoureuses et une consolidation budgétaire pour préserver la viabilité macroéconomique du pays à moyen terme.
Selon le rapport de l’institution de Bretton Woods, cité hier par Maghreb Emergent, l’économie algérienne fait preuve d’une robustesse indéniable. En effet, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel s’établit à un niveau solide, tandis que le secteur hors hydrocarbures a affiché un rythme de progression de 4,3 % en 2024 et 2025, avant de s’établir à 4,0 % en 2026.
Des filières clés telles que l’agriculture, l’industrie manufacturière, le secteur minier ainsi que la production de ciment, d’engrais et d’acier connaissent une expansion notable, stimulée par le déploiement du guichet unique de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et un cadre législatif rénové. Cependant, le FMI relève que cette expansion demeure principalement « axée sur le capital » et le déploiement de grands projets d’infrastructure financés par l’État.
L’institution souligne la nécessité de passer à un modèle de croissance « intensive », davantage tourné vers les gains de productivité et la compétitivité du secteur privé, d’autant plus que les hydrocarbures représentent encore environ 89 % des exportations de marchandises. Face à l’accentuation des pressions sur les finances publiques et à une dette de l’administration centrale estimée à 52,1 % du PIB en 2025, le FMI préconise un plan d’ajustement budgétaire progressif et déterminé.
Aussi, l’organisation internationale recommande un effort supplémentaire d’environ 5 % du PIB hors hydrocarbures sur la période 2026-2029. Cet ajustement permettrait de stabiliser la dette brute autour de 63 % du PIB à moyen terme.
Politique monétaire, inflation et flexibilité du change
Pour y parvenir, le rapport préconise un double axe. D’abord, la mobilisation des recettes hors hydrocarbures : rationalisation des dépenses fiscales, réforme de la fiscalité minière et amélioration du recouvrement de l’impôt.
Ensuite, la rationalisation des dépenses publiques ainsi que la hiérarchisation des projets d’investissement, le recentrage des transferts et la mise en œuvre progressive d’une réforme des subventions énergétiques, assortie de transferts monétaires ciblés pour protéger les ménages vulnérables.
Sur le plan monétaire, le FMI invite à la vigilance suite à l’accélération de l’inflation globale au premier semestre 2026 (atteignant 5,2 % en avril). L’institution suggère un resserrement de la politique monétaire si ces pressions persistent et recommande à la Banque d’Algérie de limiter le financement monétaire direct du déficit public à des cas strictement exceptionnels.
S’agissant de la politique de change, le FMI préconise d’accroître la flexibilité du taux de change officiel afin de renforcer la capacité d’absorption des chocs extérieurs, de stimuler la compétitivité des exportations hors hydrocarbures et de réduire progressivement l’écart avec le marché parallèle.
Par : Akram Ouadah










